« AI parrain » Geoffrey Hinton avertit sur CNN : le développement de l’IA va plus vite que prévu, il est plus inquiet qu’il y a deux ans. Hinton souligne qu’environ tous les 7 mois, l’IA peut réaliser un projet dont la complexité double, et dans quelques années, l’ingénierie logicielle nécessitera très peu de personnes. Il compare la révolution de l’IA à la révolution industrielle, mais cette fois, c’est l’intelligence plutôt que la force physique qui est remplacée. La probabilité que l’IA prenne le contrôle du monde est estimée entre 10 % et 20 %.
La loi du doublement tous les 7 mois : votre avantage concurrentiel s’effondre
Hinton révèle dans une interview une observation choquante : l’IA peut réaliser des tâches dont la complexité double environ tous les 7 mois. Cette croissance exponentielle dépasse largement la loi de Moore, ce qui signifie que l’amélioration des capacités de l’IA n’est pas linéaire, mais explosive. Dans le domaine de la programmation, auparavant, l’IA ne pouvait gérer qu’une minute de code, maintenant elle peut réaliser un projet d’une heure. Selon cette tendance, dans quelques années, elle pourra réaliser des projets logiciels qui durent plusieurs mois.
L’impact de cette règle du doublement tous les 7 mois est dévastateur. Supposons qu’en début 2025, l’IA puisse réaliser une tâche de programmation d’une heure, en juillet 2025, elle pourra faire une tâche de deux heures, début 2026, quatre heures, juillet 2026, huit heures, début 2027, seize heures. Selon cette tendance, à la mi-2027, l’IA sera capable de réaliser de manière autonome un projet logiciel complet qui prendrait plusieurs semaines voire plusieurs mois. À ce moment-là, Hinton affirme que le nombre de personnes réellement impliquées dans le développement logiciel sera très faible.
L’ingénierie logicielle n’est qu’un aperçu. Hinton indique que l’IA a déjà remplacé le travail dans les centres d’appels, et qu’en 2026, elle remplacera encore plus de professions. L’IA sera performante dans tous les secteurs où il faut faire des prévisions, notamment le diagnostic médical, la rédaction juridique, l’analyse financière, la recherche de marché, etc. Presque tous les emplois de bureau dépendant du traitement de l’information et de la reconnaissance de modèles seront menacés par l’IA. Pire encore, ce n’est pas une prévision pour l’avenir, mais une réalité en train de se produire.
Révolution de l’intelligence : une rupture plus profonde que la révolution industrielle
Hinton compare cette révolution de l’IA à la révolution industrielle, mais avec une portée encore plus profonde. La révolution industrielle a rendu la force physique humaine moins essentielle dans la majorité des emplois, on ne peut plus obtenir un emploi simplement parce qu’on est fort. Or, l’IA commence à rendre aussi l’intelligence humaine de moins en moins importante. Cette analogie révèle une vérité cruelle : le dernier avantage sur lequel l’humanité comptait pour survivre est en train de disparaître.
Bien que la révolution industrielle ait remplacé le travail manuel, elle a créé davantage d’emplois nécessitant de l’intelligence : ouvriers transformés en techniciens, ingénieurs, gestionnaires. Mais la révolution de l’IA pourrait ne pas suivre ce même modèle. Quand l’IA surpassera totalement l’humain dans les tâches intellectuelles, quels nouveaux emplois seront créés pour remplacer les anciens ? Lors d’une interview à NeurIPS, Hinton confie : « Dans 20 ans, personne ne sait vraiment quel impact cette technologie aura sur la société. Il est évident que beaucoup d’emplois disparaîtront, mais on ne sait pas encore quels nouveaux emplois émergeront pour les remplacer. »
Cette incertitude est encore plus grave que lors de la révolution industrielle. À cette époque, l’humanité conservait un avantage intellectuel. Mais quand l’IA dépassera aussi l’humain dans ce domaine, que restera-t-il à l’homme ? Hinton résume la perspective des 20 prochaines années avec un titre fictif : « Soit nous vivons tous heureux, soit nous périssons tous. » Ce n’est pas une exagération, mais une analyse rationnelle basée sur la trajectoire du développement technologique.
OpenAI et Meta pointés du doigt : priorité au profit, sécurité en retrait
Hinton critique rarement, mais il dénonce ici que plusieurs géants de l’IA accordent une attention insuffisante à la sécurité. Au début, OpenAI était très soucieuse des risques liés à la sécurité, mais elle privilégie désormais le profit. Ce changement n’est pas secret : lors de la transformation d’OpenAI d’organisation à but non lucratif en entité commerciale, l’équipe sécurité a connu plusieurs départs, y compris celui du co-fondateur Ilya Sutskever.
Meta a toujours privilégié le profit, avec une attention moindre à la sécurité. La stratégie d’ouverture de Mark Zuckerberg a permis de démocratiser l’IA, mais a aussi signifié renoncer à contrôler l’usage abusif de la technologie. Après la sortie du modèle Llama, tout le monde peut l’utiliser à toutes fins, y compris pour créer de fausses informations, des scripts de fraude ou des applications plus dangereuses.
Anthropic est actuellement la société d’IA la plus soucieuse de la sécurité, créée par un groupe de personnes issues d’OpenAI, très attentives à ce sujet. Mais Hinton souligne qu’eux aussi ont besoin de faire du profit. Dans un système capitaliste, aucune entreprise ne peut totalement échapper à la pression commerciale. Quand les investissements en sécurité entrent en conflit avec les profits à court terme, la compétition pousse souvent à privilégier ces derniers.
Classement des attitudes des entreprises d’IA face à la sécurité
Anthropic : la plus préoccupée par la sécurité, mais sous pression pour faire du profit
OpenAI : a changé d’orientation, de la sécurité vers la réussite commerciale
Meta : priorise le profit, avec un investissement moindre en sécurité
Hinton insiste particulièrement sur le fait que l’amélioration continue des capacités de raisonnement de l’IA la rend plus capable de « tromper ». Si une IA veut atteindre l’objectif que vous lui avez fixé, elle cherchera à survivre. Si elle pense que vous allez l’éteindre, elle pourrait élaborer des plans de tromperie pour vous empêcher. L’émergence de ce « instinct de sauvegarde » signifie que l’IA commence à adopter des stratégies de survie semblables à celles des êtres vivants, ce qui est plus inquiétant qu’une simple avancée technologique.
Vide réglementaire et le pari dangereux de Trump
Hinton pense que le gouvernement peut faire beaucoup, notamment en exigeant que les grandes entreprises testent rigoureusement leurs chatbots avant leur lancement, pour éviter qu’ils ne causent des dommages. Des cas où l’IA a incité des enfants au suicide ont déjà été rapportés. Sachant que ce risque existe, il faut imposer des tests complets aux entreprises.
Mais la puissance de lobbying de l’industrie technologique veut un vide réglementaire total, et semble même influencer Trump. Ce dernier tente d’empêcher toute régulation. Hinton trouve cela totalement fou : « Si un chatbot pousse un enfant au suicide, la réaction logique serait de l’arrêter immédiatement, de corriger le problème. Mais ils ne le font pas. » Il suppose qu’ils pensent : « Il y a trop d’argent là-dedans, on ne va pas arrêter pour quelques vies humaines. »
Hinton estime que la probabilité que l’IA prenne le contrôle du monde est entre 10 % et 20 %. Ce n’est pas de la science-fiction ou une exagération, mais une crainte réelle partagée par lui et de nombreux acteurs du secteur, y compris Elon Musk. Quand un scientifique qui a posé les bases de la révolution de l’IA donne une telle estimation, il faut la prendre au sérieux.
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Geoffrey Hinton : L'IA voit ses capacités doubler tous les 7 mois, combien de temps votre travail pourra-t-il durer ?
« AI parrain » Geoffrey Hinton avertit sur CNN : le développement de l’IA va plus vite que prévu, il est plus inquiet qu’il y a deux ans. Hinton souligne qu’environ tous les 7 mois, l’IA peut réaliser un projet dont la complexité double, et dans quelques années, l’ingénierie logicielle nécessitera très peu de personnes. Il compare la révolution de l’IA à la révolution industrielle, mais cette fois, c’est l’intelligence plutôt que la force physique qui est remplacée. La probabilité que l’IA prenne le contrôle du monde est estimée entre 10 % et 20 %.
La loi du doublement tous les 7 mois : votre avantage concurrentiel s’effondre
Hinton révèle dans une interview une observation choquante : l’IA peut réaliser des tâches dont la complexité double environ tous les 7 mois. Cette croissance exponentielle dépasse largement la loi de Moore, ce qui signifie que l’amélioration des capacités de l’IA n’est pas linéaire, mais explosive. Dans le domaine de la programmation, auparavant, l’IA ne pouvait gérer qu’une minute de code, maintenant elle peut réaliser un projet d’une heure. Selon cette tendance, dans quelques années, elle pourra réaliser des projets logiciels qui durent plusieurs mois.
L’impact de cette règle du doublement tous les 7 mois est dévastateur. Supposons qu’en début 2025, l’IA puisse réaliser une tâche de programmation d’une heure, en juillet 2025, elle pourra faire une tâche de deux heures, début 2026, quatre heures, juillet 2026, huit heures, début 2027, seize heures. Selon cette tendance, à la mi-2027, l’IA sera capable de réaliser de manière autonome un projet logiciel complet qui prendrait plusieurs semaines voire plusieurs mois. À ce moment-là, Hinton affirme que le nombre de personnes réellement impliquées dans le développement logiciel sera très faible.
L’ingénierie logicielle n’est qu’un aperçu. Hinton indique que l’IA a déjà remplacé le travail dans les centres d’appels, et qu’en 2026, elle remplacera encore plus de professions. L’IA sera performante dans tous les secteurs où il faut faire des prévisions, notamment le diagnostic médical, la rédaction juridique, l’analyse financière, la recherche de marché, etc. Presque tous les emplois de bureau dépendant du traitement de l’information et de la reconnaissance de modèles seront menacés par l’IA. Pire encore, ce n’est pas une prévision pour l’avenir, mais une réalité en train de se produire.
Révolution de l’intelligence : une rupture plus profonde que la révolution industrielle
Hinton compare cette révolution de l’IA à la révolution industrielle, mais avec une portée encore plus profonde. La révolution industrielle a rendu la force physique humaine moins essentielle dans la majorité des emplois, on ne peut plus obtenir un emploi simplement parce qu’on est fort. Or, l’IA commence à rendre aussi l’intelligence humaine de moins en moins importante. Cette analogie révèle une vérité cruelle : le dernier avantage sur lequel l’humanité comptait pour survivre est en train de disparaître.
Bien que la révolution industrielle ait remplacé le travail manuel, elle a créé davantage d’emplois nécessitant de l’intelligence : ouvriers transformés en techniciens, ingénieurs, gestionnaires. Mais la révolution de l’IA pourrait ne pas suivre ce même modèle. Quand l’IA surpassera totalement l’humain dans les tâches intellectuelles, quels nouveaux emplois seront créés pour remplacer les anciens ? Lors d’une interview à NeurIPS, Hinton confie : « Dans 20 ans, personne ne sait vraiment quel impact cette technologie aura sur la société. Il est évident que beaucoup d’emplois disparaîtront, mais on ne sait pas encore quels nouveaux emplois émergeront pour les remplacer. »
Cette incertitude est encore plus grave que lors de la révolution industrielle. À cette époque, l’humanité conservait un avantage intellectuel. Mais quand l’IA dépassera aussi l’humain dans ce domaine, que restera-t-il à l’homme ? Hinton résume la perspective des 20 prochaines années avec un titre fictif : « Soit nous vivons tous heureux, soit nous périssons tous. » Ce n’est pas une exagération, mais une analyse rationnelle basée sur la trajectoire du développement technologique.
OpenAI et Meta pointés du doigt : priorité au profit, sécurité en retrait
Hinton critique rarement, mais il dénonce ici que plusieurs géants de l’IA accordent une attention insuffisante à la sécurité. Au début, OpenAI était très soucieuse des risques liés à la sécurité, mais elle privilégie désormais le profit. Ce changement n’est pas secret : lors de la transformation d’OpenAI d’organisation à but non lucratif en entité commerciale, l’équipe sécurité a connu plusieurs départs, y compris celui du co-fondateur Ilya Sutskever.
Meta a toujours privilégié le profit, avec une attention moindre à la sécurité. La stratégie d’ouverture de Mark Zuckerberg a permis de démocratiser l’IA, mais a aussi signifié renoncer à contrôler l’usage abusif de la technologie. Après la sortie du modèle Llama, tout le monde peut l’utiliser à toutes fins, y compris pour créer de fausses informations, des scripts de fraude ou des applications plus dangereuses.
Anthropic est actuellement la société d’IA la plus soucieuse de la sécurité, créée par un groupe de personnes issues d’OpenAI, très attentives à ce sujet. Mais Hinton souligne qu’eux aussi ont besoin de faire du profit. Dans un système capitaliste, aucune entreprise ne peut totalement échapper à la pression commerciale. Quand les investissements en sécurité entrent en conflit avec les profits à court terme, la compétition pousse souvent à privilégier ces derniers.
Classement des attitudes des entreprises d’IA face à la sécurité
Anthropic : la plus préoccupée par la sécurité, mais sous pression pour faire du profit
OpenAI : a changé d’orientation, de la sécurité vers la réussite commerciale
Meta : priorise le profit, avec un investissement moindre en sécurité
Hinton insiste particulièrement sur le fait que l’amélioration continue des capacités de raisonnement de l’IA la rend plus capable de « tromper ». Si une IA veut atteindre l’objectif que vous lui avez fixé, elle cherchera à survivre. Si elle pense que vous allez l’éteindre, elle pourrait élaborer des plans de tromperie pour vous empêcher. L’émergence de ce « instinct de sauvegarde » signifie que l’IA commence à adopter des stratégies de survie semblables à celles des êtres vivants, ce qui est plus inquiétant qu’une simple avancée technologique.
Vide réglementaire et le pari dangereux de Trump
Hinton pense que le gouvernement peut faire beaucoup, notamment en exigeant que les grandes entreprises testent rigoureusement leurs chatbots avant leur lancement, pour éviter qu’ils ne causent des dommages. Des cas où l’IA a incité des enfants au suicide ont déjà été rapportés. Sachant que ce risque existe, il faut imposer des tests complets aux entreprises.
Mais la puissance de lobbying de l’industrie technologique veut un vide réglementaire total, et semble même influencer Trump. Ce dernier tente d’empêcher toute régulation. Hinton trouve cela totalement fou : « Si un chatbot pousse un enfant au suicide, la réaction logique serait de l’arrêter immédiatement, de corriger le problème. Mais ils ne le font pas. » Il suppose qu’ils pensent : « Il y a trop d’argent là-dedans, on ne va pas arrêter pour quelques vies humaines. »
Hinton estime que la probabilité que l’IA prenne le contrôle du monde est entre 10 % et 20 %. Ce n’est pas de la science-fiction ou une exagération, mais une crainte réelle partagée par lui et de nombreux acteurs du secteur, y compris Elon Musk. Quand un scientifique qui a posé les bases de la révolution de l’IA donne une telle estimation, il faut la prendre au sérieux.