La plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde a annoncé que sa cofondatrice, Yi He, partagerait désormais le poste de CEO avec le CEO actuel, Richard Teng.
Ce n’est pas un simple remaniement de postes. Binance compte près de 300 millions d’utilisateurs, mais doit aussi faire face à une amende historique de 4,3 milliards de dollars, tout en étant sous la surveillance indépendante du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du Département du Trésor américain et du Département de la Justice (DOJ) pour cinq ans.
Lors de la Blockchain Week de Dubaï (BBW 2025), Yi He a pris la parole publiquement pour la première fois en tant que co-CEO. Le message était clair : Binance veut tourner la page de la « croissance sauvage » pour aller vers une « maturité institutionnelle ».
La question centrale est la suivante : comment transformer, sous contrainte réglementaire, une plateforme crypto-native en une entreprise « pérenne » ?
Le système de co-CEO est la réponse de Binance.
Deux CEO, l’un tourné vers l’extérieur, l’autre vers l’intérieur
Le duo de CEO n’est pas inédit dans le monde des affaires, mais la version de Binance est singulière : il ne s’agit pas d’un partage de pouvoir, mais d’une répartition précise des rôles.
Yi He appelle cela « 1+1>2 ». Les responsabilités des deux CEO sont très claires :
Richard Teng : gérer la régulation
Richard Teng s’occupe de l’externe. Fort de plusieurs décennies d’expérience sur les marchés financiers traditionnels, il est considéré comme le meilleur pont entre Binance et les régulateurs mondiaux.
Sa mission est limpide : obtenir des licences mondiales, rehausser les standards de conformité, permettre à Binance d’opérer sereinement dans toutes les juridictions. Pour une entreprise dans le viseur des régulateurs américains, ce rôle est crucial.
Yi He : gérer l’interne
Yi He prend en charge les opérations internes. En tant que cofondatrice, elle a façonné la culture de Binance depuis ses débuts.
À Dubaï, elle a insisté sur trois points :
Premièrement, l’utilisateur d’abord. C’est la racine de Binance et le moteur de l’innovation produit.
Deuxièmement, construire des systèmes. On ne peut plus dépendre d’une seule personne, mais d’une organisation systémique pour faire tourner la boîte.
Troisièmement, miser sur l’IA. L’innovation technologique est le moteur fondamental de l’industrie.
Concrètement, Yi He supervise l’expérience utilisateur, la culture d’entreprise, les ressources humaines, le support client, le business institutionnel, le marketing, le P2P et la gestion d’actifs.
La logique est limpide : Richard Teng pose le cadre, Yi He innove à l’intérieur. L’un bâtit la confiance externe, l’autre garantit la vitalité interne.
Recruter, recruter massivement
À Dubaï, Yi He a martelé un mot : « organisation pérenne ».
Que signifie-t-il ? Binance ne doit pas reposer sur un leader mais sur un système. Comment y parvenir ? En augmentant la « densité de talents ».
Le recrutement est sa priorité numéro un. En 2024, Binance a embauché plus de 1 000 personnes, et plus de 500 postes sont encore ouverts, couvrant technologie, conformité, support client et autres fonctions clés.
Ce n’est pas une simple expansion, mais une reconstruction des compétences.
Le succès initial de Binance reposait largement sur le charisme et les décisions des fondateurs. Mais avec près de 300 millions d’utilisateurs répartis dans des dizaines de pays, le talent individuel ne suffit plus.
Plus important encore, l’échec réglementaire vient souvent d’un manque de talents spécialisés en conformité et d’une dépendance excessive aux décisions des fondateurs.
La « densité de talents » évoquée par Yi He vise donc à remplacer les capacités individuelles par la force organisationnelle. C’est le choix inévitable de l’ère post-fondateur.
Le double rôle de l’IA
L’innovation technologique est un autre axe clé pour Yi He. Elle estime que l’IA est le moteur fondamental de l’industrie.
La stratégie IA de Binance suit deux axes :
D’un côté, l’IA sert à la conformité et la surveillance des risques. Surveillance des transactions, filtrage des sanctions, automatisation du KYC : tout cela nécessite l’IA. C’est essentiel pour répondre aux exigences du FinCEN.
De l’autre, l’IA optimise le produit et l’expérience utilisateur. Du support client à l’optimisation des transactions, de la prévention des risques à la personnalisation des services, l’IA s’infiltre partout.
La logique est claire : d’abord utiliser l’IA pour la conformité, puis pour l’innovation.
Normes de cotation : pas de frais, des tokens à prix réduit pour les utilisateurs
Lors des questions-réponses à Dubaï, Yi He a annoncé un changement majeur dans la politique de cotation de Binance.
Tolérance zéro pour les « gants blancs »
Le marché a souvent évoqué des rumeurs de corruption autour de la cotation sur Binance par des « gants blancs ». Yi He a répondu sans détour : « Binance n’a jamais eu de gants blancs », tous ceux qui se présentent comme des proches sont des imposteurs.
Elle a aussi révélé la règle de cotation : Binance ne facture pas de frais de listing. Les porteurs de projet doivent offrir des airdrops ou des tokens à prix réduit aux utilisateurs.
Selon elle, c’est la rigueur des standards et le niveau d’exigence qui incitent certains à vouloir contourner le système. Mais avec l’obtention croissante de licences mondiales, le marché crypto « n’est plus une zone de non-droit ; toute atteinte à l’équité et à la transparence sera sévèrement sanctionnée ».
Aligner la plateforme et ses utilisateurs
Supprimer les frais de cotation et obliger à distribuer des tokens aux utilisateurs : c’est un mécanisme ingénieux.
Cela aligne les intérêts de la plateforme et des particuliers, tout en filtrant les projets purement spéculatifs sans valeur réelle.
Les projets doivent redistribuer de la valeur aux utilisateurs ; la cotation devient ainsi un outil d’acquisition utilisateur, pas une source de revenu pour la plateforme.
Ce changement est crucial. Passer d’un modèle « piloté par le volume » à « piloté par la valeur utilisateur », c’est donner le ton à toute l’industrie.
Yi He insiste : elle n’est pas issue d’une famille privilégiée, elle comprend donc mieux les utilisateurs ordinaires. « L’innovation de Binance doit partir du point de vue de l’utilisateur. »
Avec près de 300 millions d’utilisateurs et des volumes quotidiens de plusieurs milliards de dollars, maintenir la priorité à l’utilisateur est déjà la preuve d’une vraie capacité de gouvernance.
Miser sur le Moyen-Orient et l’Asie
Yi He a clarifié la stratégie d’expansion géographique de Binance : le Moyen-Orient et l’Asie.
Deux piliers de croissance
Binance veut renforcer sa présence au Moyen-Orient et en Asie, considérant ces zones comme les moteurs principaux de sa croissance.
Organiser la BBW 2025 à Dubaï est déjà un signal fort. Dubaï, avec son Virtual Assets Regulatory Authority (VARA), offre un cadre réglementaire solide et s’impose comme un hub majeur de la crypto mondiale.
En Asie, la Corée du Sud est perçue comme « l’un des pays les plus stratégiques ». Binance promet d’y investir, d’améliorer l’expérience utilisateur et considère la Corée comme un marché clé, « à ne jamais abandonner ».
Pourquoi ces régions ? Parce que la régulation y est claire et la croissance rapide. Elles permettent à Binance de prouver sa conformité sans être entravée par le passé américain, tout en accélérant l’acquisition d’utilisateurs.
Objectif 1 milliard d’utilisateurs
L’objectif de Binance : 1 milliard d’utilisateurs. Passer de près de 300 millions à 1 milliard n’est pas qu’une question de chiffres, c’est un test pour l’infrastructure, la conformité et l’efficacité opérationnelle.
L’environnement réglementaire favorable au Moyen-Orient et en Asie rend ce but atteignable. Réussir sur ces marchés, c’est gagner des utilisateurs, des jalons de conformité et renforcer l’image mondiale de Binance.
Une transformation difficile
La stratégie est claire, mais la transformation institutionnelle ne l’est jamais. Le système de co-CEO doit relever trois défis :
Comment coordonner deux CEO ?
Deux CEO, qui tranche ? Surtout sur les décisions à haut risque liées à la conformité ou à l’exécution opérationnelle.
Le « 1+1>2 » de Yi He repose sur la clarté de la répartition externe/interne, conformité/innovation. Mais il faut aussi une vraie compatibilité politique et culturelle. Croissance et conformité s’opposeront forcément, l’enjeu est de rendre ces frictions constructives.
Comment équilibrer innovation et conformité ?
Binance est désormais sous la surveillance du FinCEN/DOJ : chaque nouveau produit, chaque entrée marché passe par un filtre réglementaire. Cela ralentira forcément le rythme d’innovation de Yi He.
La solution : prioriser. L’IA est d’abord mobilisée pour la conformité et la gestion des risques, ensuite pour l’innovation produit.
Le système de co-CEO est conçu pour gérer cette tension entre vitesse et conformité. L’organisation garantit que l’innovation ne dépasse jamais la conformité.
L’exécution suivra-t-elle ?
Binance opère un virage difficile : passer d’une culture décentralisée et hyper-croissante de start-up à une institution financière formelle et régulée.
Mettre la « densité de talents » en priorité, c’est poser les bases de cette transformation. Recruter des experts mondiaux, professionnaliser les décisions, réduire les risques de dépendance. Si le « système pérenne » est bâti, les risques réglementaires et opérationnels chuteront fortement.
En résumé
La prise de fonction de Yi He comme co-CEO et les stratégies qu’elle a exposées à Dubaï relèvent d’une évolution proactive, et non d’une réaction défensive face à la régulation.
La structure de co-CEO est la clé du basculement de Binance vers une croissance durable. Richard Teng gère la conformité externe, Yi He modernise l’interne, renforce les équipes et pousse l’innovation IA.
De la « densité de talents » au déploiement de l’IA, d’une politique de cotation centrée sur l’utilisateur à la conquête du Moyen-Orient et de l’Asie, Binance construit un socle de long terme.
Les cinq à dix prochaines années dépendront de la capacité de Binance à équilibrer les domaines de ses deux CEO. À court terme, il faudra accepter la contrainte règlementaire ; à long terme, devenir l’infrastructure mondiale reliant l’innovation crypto à la finance traditionnelle.
Le système de co-CEO est l’outil organisationnel pour atteindre cet objectif. Son efficacité deviendra un modèle de gouvernance pour les grandes plateformes à l’ère post-fondateur.
L’histoire que Binance écrit n’est pas seulement celle d’une entreprise en mutation : c’est le tournant où toute l’industrie crypto passe du « Far West » à la maturité institutionnelle.
Quand Yi He affirme à Dubaï que « Binance veut devenir une entreprise centenaire », elle esquisse un monde crypto plus responsable, plus durable, et plus puissant.
La réussite de cette expérience redéfinira ce qu’est une « croissance responsable à grande échelle ».
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Changements de pouvoir chez Binance : l'expérimentation du double PDG avec He Yi et Richard Teng
En décembre 2025, Binance a pris une décision.
La plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde a annoncé que sa cofondatrice, Yi He, partagerait désormais le poste de CEO avec le CEO actuel, Richard Teng.
Ce n’est pas un simple remaniement de postes. Binance compte près de 300 millions d’utilisateurs, mais doit aussi faire face à une amende historique de 4,3 milliards de dollars, tout en étant sous la surveillance indépendante du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du Département du Trésor américain et du Département de la Justice (DOJ) pour cinq ans.
Lors de la Blockchain Week de Dubaï (BBW 2025), Yi He a pris la parole publiquement pour la première fois en tant que co-CEO. Le message était clair : Binance veut tourner la page de la « croissance sauvage » pour aller vers une « maturité institutionnelle ».
La question centrale est la suivante : comment transformer, sous contrainte réglementaire, une plateforme crypto-native en une entreprise « pérenne » ?
Le système de co-CEO est la réponse de Binance.
Deux CEO, l’un tourné vers l’extérieur, l’autre vers l’intérieur
Le duo de CEO n’est pas inédit dans le monde des affaires, mais la version de Binance est singulière : il ne s’agit pas d’un partage de pouvoir, mais d’une répartition précise des rôles.
Yi He appelle cela « 1+1>2 ». Les responsabilités des deux CEO sont très claires :
Richard Teng : gérer la régulation
Richard Teng s’occupe de l’externe. Fort de plusieurs décennies d’expérience sur les marchés financiers traditionnels, il est considéré comme le meilleur pont entre Binance et les régulateurs mondiaux.
Sa mission est limpide : obtenir des licences mondiales, rehausser les standards de conformité, permettre à Binance d’opérer sereinement dans toutes les juridictions. Pour une entreprise dans le viseur des régulateurs américains, ce rôle est crucial.
Yi He : gérer l’interne
Yi He prend en charge les opérations internes. En tant que cofondatrice, elle a façonné la culture de Binance depuis ses débuts.
À Dubaï, elle a insisté sur trois points :
Concrètement, Yi He supervise l’expérience utilisateur, la culture d’entreprise, les ressources humaines, le support client, le business institutionnel, le marketing, le P2P et la gestion d’actifs.
La logique est limpide : Richard Teng pose le cadre, Yi He innove à l’intérieur. L’un bâtit la confiance externe, l’autre garantit la vitalité interne.
Recruter, recruter massivement
À Dubaï, Yi He a martelé un mot : « organisation pérenne ».
Que signifie-t-il ? Binance ne doit pas reposer sur un leader mais sur un système. Comment y parvenir ? En augmentant la « densité de talents ».
Le recrutement est sa priorité numéro un. En 2024, Binance a embauché plus de 1 000 personnes, et plus de 500 postes sont encore ouverts, couvrant technologie, conformité, support client et autres fonctions clés.
Ce n’est pas une simple expansion, mais une reconstruction des compétences.
Le succès initial de Binance reposait largement sur le charisme et les décisions des fondateurs. Mais avec près de 300 millions d’utilisateurs répartis dans des dizaines de pays, le talent individuel ne suffit plus.
Plus important encore, l’échec réglementaire vient souvent d’un manque de talents spécialisés en conformité et d’une dépendance excessive aux décisions des fondateurs.
La « densité de talents » évoquée par Yi He vise donc à remplacer les capacités individuelles par la force organisationnelle. C’est le choix inévitable de l’ère post-fondateur.
Le double rôle de l’IA
L’innovation technologique est un autre axe clé pour Yi He. Elle estime que l’IA est le moteur fondamental de l’industrie.
La stratégie IA de Binance suit deux axes :
D’un côté, l’IA sert à la conformité et la surveillance des risques. Surveillance des transactions, filtrage des sanctions, automatisation du KYC : tout cela nécessite l’IA. C’est essentiel pour répondre aux exigences du FinCEN.
De l’autre, l’IA optimise le produit et l’expérience utilisateur. Du support client à l’optimisation des transactions, de la prévention des risques à la personnalisation des services, l’IA s’infiltre partout.
La logique est claire : d’abord utiliser l’IA pour la conformité, puis pour l’innovation.
Normes de cotation : pas de frais, des tokens à prix réduit pour les utilisateurs
Lors des questions-réponses à Dubaï, Yi He a annoncé un changement majeur dans la politique de cotation de Binance.
Tolérance zéro pour les « gants blancs »
Le marché a souvent évoqué des rumeurs de corruption autour de la cotation sur Binance par des « gants blancs ». Yi He a répondu sans détour : « Binance n’a jamais eu de gants blancs », tous ceux qui se présentent comme des proches sont des imposteurs.
Elle a aussi révélé la règle de cotation : Binance ne facture pas de frais de listing. Les porteurs de projet doivent offrir des airdrops ou des tokens à prix réduit aux utilisateurs.
Selon elle, c’est la rigueur des standards et le niveau d’exigence qui incitent certains à vouloir contourner le système. Mais avec l’obtention croissante de licences mondiales, le marché crypto « n’est plus une zone de non-droit ; toute atteinte à l’équité et à la transparence sera sévèrement sanctionnée ».
Aligner la plateforme et ses utilisateurs
Supprimer les frais de cotation et obliger à distribuer des tokens aux utilisateurs : c’est un mécanisme ingénieux.
Cela aligne les intérêts de la plateforme et des particuliers, tout en filtrant les projets purement spéculatifs sans valeur réelle.
Les projets doivent redistribuer de la valeur aux utilisateurs ; la cotation devient ainsi un outil d’acquisition utilisateur, pas une source de revenu pour la plateforme.
Ce changement est crucial. Passer d’un modèle « piloté par le volume » à « piloté par la valeur utilisateur », c’est donner le ton à toute l’industrie.
Yi He insiste : elle n’est pas issue d’une famille privilégiée, elle comprend donc mieux les utilisateurs ordinaires. « L’innovation de Binance doit partir du point de vue de l’utilisateur. »
Avec près de 300 millions d’utilisateurs et des volumes quotidiens de plusieurs milliards de dollars, maintenir la priorité à l’utilisateur est déjà la preuve d’une vraie capacité de gouvernance.
Miser sur le Moyen-Orient et l’Asie
Yi He a clarifié la stratégie d’expansion géographique de Binance : le Moyen-Orient et l’Asie.
Deux piliers de croissance
Binance veut renforcer sa présence au Moyen-Orient et en Asie, considérant ces zones comme les moteurs principaux de sa croissance.
Organiser la BBW 2025 à Dubaï est déjà un signal fort. Dubaï, avec son Virtual Assets Regulatory Authority (VARA), offre un cadre réglementaire solide et s’impose comme un hub majeur de la crypto mondiale.
En Asie, la Corée du Sud est perçue comme « l’un des pays les plus stratégiques ». Binance promet d’y investir, d’améliorer l’expérience utilisateur et considère la Corée comme un marché clé, « à ne jamais abandonner ».
Pourquoi ces régions ? Parce que la régulation y est claire et la croissance rapide. Elles permettent à Binance de prouver sa conformité sans être entravée par le passé américain, tout en accélérant l’acquisition d’utilisateurs.
Objectif 1 milliard d’utilisateurs
L’objectif de Binance : 1 milliard d’utilisateurs. Passer de près de 300 millions à 1 milliard n’est pas qu’une question de chiffres, c’est un test pour l’infrastructure, la conformité et l’efficacité opérationnelle.
L’environnement réglementaire favorable au Moyen-Orient et en Asie rend ce but atteignable. Réussir sur ces marchés, c’est gagner des utilisateurs, des jalons de conformité et renforcer l’image mondiale de Binance.
Une transformation difficile
La stratégie est claire, mais la transformation institutionnelle ne l’est jamais. Le système de co-CEO doit relever trois défis :
Comment coordonner deux CEO ?
Deux CEO, qui tranche ? Surtout sur les décisions à haut risque liées à la conformité ou à l’exécution opérationnelle.
Le « 1+1>2 » de Yi He repose sur la clarté de la répartition externe/interne, conformité/innovation. Mais il faut aussi une vraie compatibilité politique et culturelle. Croissance et conformité s’opposeront forcément, l’enjeu est de rendre ces frictions constructives.
Comment équilibrer innovation et conformité ?
Binance est désormais sous la surveillance du FinCEN/DOJ : chaque nouveau produit, chaque entrée marché passe par un filtre réglementaire. Cela ralentira forcément le rythme d’innovation de Yi He.
La solution : prioriser. L’IA est d’abord mobilisée pour la conformité et la gestion des risques, ensuite pour l’innovation produit.
Le système de co-CEO est conçu pour gérer cette tension entre vitesse et conformité. L’organisation garantit que l’innovation ne dépasse jamais la conformité.
L’exécution suivra-t-elle ?
Binance opère un virage difficile : passer d’une culture décentralisée et hyper-croissante de start-up à une institution financière formelle et régulée.
Mettre la « densité de talents » en priorité, c’est poser les bases de cette transformation. Recruter des experts mondiaux, professionnaliser les décisions, réduire les risques de dépendance. Si le « système pérenne » est bâti, les risques réglementaires et opérationnels chuteront fortement.
En résumé
La prise de fonction de Yi He comme co-CEO et les stratégies qu’elle a exposées à Dubaï relèvent d’une évolution proactive, et non d’une réaction défensive face à la régulation.
La structure de co-CEO est la clé du basculement de Binance vers une croissance durable. Richard Teng gère la conformité externe, Yi He modernise l’interne, renforce les équipes et pousse l’innovation IA.
De la « densité de talents » au déploiement de l’IA, d’une politique de cotation centrée sur l’utilisateur à la conquête du Moyen-Orient et de l’Asie, Binance construit un socle de long terme.
Les cinq à dix prochaines années dépendront de la capacité de Binance à équilibrer les domaines de ses deux CEO. À court terme, il faudra accepter la contrainte règlementaire ; à long terme, devenir l’infrastructure mondiale reliant l’innovation crypto à la finance traditionnelle.
Le système de co-CEO est l’outil organisationnel pour atteindre cet objectif. Son efficacité deviendra un modèle de gouvernance pour les grandes plateformes à l’ère post-fondateur.
L’histoire que Binance écrit n’est pas seulement celle d’une entreprise en mutation : c’est le tournant où toute l’industrie crypto passe du « Far West » à la maturité institutionnelle.
Quand Yi He affirme à Dubaï que « Binance veut devenir une entreprise centenaire », elle esquisse un monde crypto plus responsable, plus durable, et plus puissant.
La réussite de cette expérience redéfinira ce qu’est une « croissance responsable à grande échelle ».