L’écosystème Ethereum traverse une vague historique de « sommeil » dont la valeur totale stakée dépasse 118 milliards de dollars, ce qui représente près de 30 % de l’offre en circulation verrouillée sur la chaîne Beacon, établissant ainsi un record historique de taux de staking.
Ce jalon est principalement porté par des capitaux de gros acteurs, notamment BitMine Immersion Technologies, dirigée par Tom Lee, qui a récemment effectué une seule opération de staking de 18,656 ETH (environ 625 millions de dollars), contrôlant ainsi 4 % des ETH stakés sur le réseau, pour une valeur totale de 5 milliards de dollars. Par ailleurs, la file d’attente des validateurs en attente d’activation s’est accumulée jusqu’à 2,3 millions d’ETH, illustrant une volonté forte des participants du marché de transformer leur actif à court terme en un « actif productif » à long terme. Ce flux massif de staking offre non seulement une sécurité sans précédent pour le réseau Ethereum, mais réduit également considérablement la liquidité en circulation, créant une base solide pour le prix à long terme de l’ETH.
L’écosystème Ethereum entre dans une étape cruciale. Selon les dernières données on-chain, la valeur totale d’ETH verrouillée sur la chaîne Beacon a atteint un niveau impressionnant de 1180 milliards de dollars, avec environ 35,8 millions d’ETH stakés, soit 29,5 % de l’offre en circulation. Ce pourcentage dépasse le record de 29,54 % atteint en juillet 2025, marquant un engagement de staking sans précédent. Si l’on remonte à la période juste après la « fusion » en 2022, où la proportion d’ETH stakés était inférieure à 15 %, ce chiffre a doublé. Ce n’est pas seulement une croissance numérique, mais une transformation profonde de la confiance du marché dans le modèle économique sous-jacent d’Ethereum — ETH évolue de son statut d’actif de trading à haute volatilité vers un actif productif et un vecteur de revenus pour le réseau.
Pour comprendre la signification de cette envolée du taux de staking, il faut revenir à la transformation fondamentale du mécanisme de consensus d’Ethereum. Depuis la transition réussie du Proof of Work (PoW) au Proof of Stake (PoS) en 2022, le staking est devenu la méthode centrale pour assurer la sécurité du réseau, valider les transactions et produire de nouveaux blocs. Les participants déposent au moins 32 ETH dans le contrat officiel et exécutent un nœud de validation pour recevoir des récompenses en ETH nouvellement émis. Ce processus, appelé « staking », voit aujourd’hui près de 30 % de l’offre en circulation verrouillée, ce qui signifie qu’environ un tiers des ETH a quitté le marché quotidien pour entrer dans une « phase de production » à long terme (même si les retraits restent en queue). Cette contraction structurelle de l’offre constitue un des fondamentaux soutenant la valeur de l’ETH, avec des effets potentiellement plus profonds que n’importe quel message de marché à court terme.
Ce dynamisme du marché résulte de plusieurs facteurs conjoints. D’abord, le développement de l’écosystème Ethereum lui-même, notamment autour des solutions de Layer 2 (Arbitrum, Optimism) et de l’écosystème de Restaking (EigenLayer), augmente la demande pour l’ETH natif comme source de capital et de sécurité. Ensuite, le rendement annualisé relativement stable (environ 3-4 %) devient attractif dans un contexte où les taux d’intérêt traditionnels pourraient atteindre un point d’inflexion. Enfin, et surtout, l’entrée de grands capitaux institutionnels comme BitMine, qui considèrent l’ETH comme un actif stratégique de réserve, en le « dynamisant » par le staking pour générer un flux de trésorerie continu. Ce comportement institutionnel a un effet de démonstration puissant, incitant davantage de fonds à suivre le mouvement. À ce jour, la file d’attente pour devenir validateur totalise 2,3 millions d’ETH, formant comme une « réserve d’eau » colossale, annonciatrice que la vague de staking est loin d’être terminée.
Dans cette vague épique de staking, BitMine Immersion Technologies est sans doute l’acteur le plus en vue. Fondée par Tom Lee, analyste de Wall Street et co-fondateur de Fundstrat, cette société a récemment réalisé une série d’opérations remarquables sur la chaîne. Selon la plateforme d’analyse blockchain Lookonchain, BitMine a effectué cette semaine une transaction de staking de 186 560 ETH sur l’adresse de dépôt de la chaîne Beacon, d’une valeur d’environ 625 millions de dollars au prix du marché. Ce n’est pas un cas isolé, mais une étape dans une stratégie continue. Au cours des derniers mois, BitMine a renforcé ses positions en injectant constamment de l’ETH dans le contrat de staking.
Ces actions dessinent une stratégie claire pour l’institution. BitMine ne se contente pas de trader sur le marché secondaire, mais gère l’ETH comme un actif principal de son bilan. Face à la pression de la dette liée à la volatilité précédente, la société considère les revenus de staking comme une composante essentielle de ses flux de trésorerie. Par le staking, un actif statique se transforme en un capital productif capable de générer des revenus stables. Tom Lee, en tant que figure de proue du marché haussier des cryptos, voit dans ces opérations une confirmation de sa conviction dans le potentiel de croissance à long terme des actifs numériques, adoptant une stratégie de « buy and hold » et de staking à long terme. Une approche courante dans la finance traditionnelle, où des entreprises détiennent des obligations d’État ou investissent en actions pour percevoir des dividendes, est désormais parfaitement transposée dans le monde crypto.
La position massive de BitMine soulève aussi des questions sur la centralisation et la sécurité du réseau. Contrôler 4 % de l’ETH stakés implique la gestion de plusieurs milliers de validateurs. Bien qu’en théorie, un seul acteur doit contrôler plus de deux tiers des ETH stakés pour pouvoir attaquer le réseau, la concentration de grands stakers reste un sujet de préoccupation pour la communauté. Cependant, d’un point de vue positif, la détention à long terme par de grandes institutions de réputation renforce la stabilité et la sécurité du réseau. Le marché a d’ailleurs réagi positivement : après l’annonce, l’action de BitMine a augmenté de 3,8 % en after-hours, et le prix de l’ETH a progressé d’environ 7 % en 24 heures, dépassant 3 375 $, atteignant ainsi son plus haut depuis mi-décembre dernier. Cela montre que le marché intègre désormais cette participation profonde au staking comme un signal de valeur majeur.
Au-delà du staking réalisé, un autre indicateur clé — la longueur de la file d’attente des validateurs — révèle aussi l’enthousiasme du marché. Actuellement, 2,3 millions d’ETH sont en file d’attente pour devenir validateurs, un record depuis août 2023. Ce phénomène agit comme un miroir, reflétant la forte demande des investisseurs pour les rendements du staking d’Ethereum. La file d’attente est un mécanisme intégré dans la conception PoS d’Ethereum, visant à contrôler la vitesse d’entrée des nouveaux validateurs pour préserver la sécurité du réseau. Une telle taille de file d’attente est à la fois un signal haussier puissant et un facteur de risque potentiel.
Du côté positif, cette longue file témoigne de la confiance du marché. Elle indique que de nombreux capitaux sont prêts à sacrifier leur liquidité, en attendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, pour participer à la sécurisation du réseau et percevoir des récompenses. Cette « préférence pour la non-liquidité » est une caractéristique typique d’un marché haussier, car elle réduit la pression vendeuse effective. Chaque ETH en file d’attente sort momentanément du marché, et une fois activé, il sera verrouillé pour une période longue (au moins plusieurs mois ou années). Ce processus constitue une absorption structurelle de l’offre, renforçant la barrière entre l’offre et la demande. Pour le prix de l’ETH, cela crée une véritable barrière de sécurité. Par ailleurs, même si le rendement du staking est dilué par l’augmentation du nombre de participants, il reste nettement supérieur à celui des obligations d’État traditionnelles, ce qui continue d’attirer des capitaux en quête de rendement.
Cependant, cette concentration élevée de staking et la longue file d’attente posent aussi des défis et soulèvent des questions. D’abord, cela peut accentuer la centralisation du réseau. Bien que l’idéal soit une décentralisation totale, la réalité montre que des acteurs comme Lido Finance contrôlent environ 24 % des ETH stakés, et avec BitMine et d’autres grands acteurs indépendants, la concentration des validateurs n’est pas négligeable. Cela pourrait à terme poser un risque pour la sécurité du réseau. Ensuite, pour les petits investisseurs, le seuil de 32 ETH (environ 10 700 dollars) reste élevé, les obligeant à recourir à des pools de staking tiers comme Lido ou Rocket Pool. Si cela facilite la participation, cela transfère aussi une partie de la confiance et du risque à ces intermédiaires. Enfin, un taux de staking très élevé pourrait, dans des conditions extrêmes, engendrer des risques de liquidité. Bien que des mécanismes de retrait existent, un déverrouillage massif et rapide pourrait théoriquement provoquer des chocs de marché, même si la longue file d’attente réduit la probabilité d’un tel scénario à court terme.
La croissance explosive du staking d’Ethereum a des effets de ripple qui modifient en profondeur la configuration de l’écosystème. Les premiers bénéficiaires sont les Liquid Staking Derivatives (LSD), ou dérivés de staking liquides. Avec des protocoles comme Lido Finance, les utilisateurs peuvent staker n’importe quelle quantité d’ETH et recevoir en échange un jeton dérivé (par exemple stETH) qui peut être librement échangé et accumule des récompenses. Cela résout la problématique de liquidité des actifs stakés. Aujourd’hui, Lido détient près d’un quart du marché du staking, et son jeton stETH est devenu l’un des actifs de collatéral les plus utilisés en DeFi. La forte participation au staking génère un volume d’affaires et des revenus de frais stables pour ces protocoles, consolidant leur rôle central dans l’infrastructure de l’écosystème Ethereum.
Par ailleurs, la vague de staking et le développement rapide des réseaux Layer 2 (Arbitrum, Optimism, Base) créent une relation de synergie. D’un côté, ces Layer 2 offrent des coûts de transaction plus faibles et une meilleure expérience utilisateur, attirant davantage d’utilisateurs et de capitaux dans l’écosystème Ethereum, dont une partie sera naturellement convertie en demande et en staking d’ETH natif. De l’autre, les revenus stables issus du staking rendent la détention d’ETH plus attractive, ce qui peut détourner une partie des fonds initialement destinés à des applications de Layer 2. Mais à long terme, un Layer 1 sécurisé, de haute valeur et générant des revenus constitue la base ultime pour la valeur des applications de couche supérieure. Les revenus de staking d’ETH peuvent être vus comme le « dividende de base » de tout l’écosystème Ethereum.
Plus en avant, le staking d’ETH devient la pierre angulaire d’un nouveau paradigme de « Restaking » (re-staking). Le protocole EigenLayer permet aux utilisateurs de « re-staker » leur ETH (ou stETH) déjà staké pour fournir une sécurité supplémentaire à d’autres blockchains ou services intermédiaires (appelés Active Validation Services, AVS). Cela crée un nouveau marché, permettant de « louer » la sécurité économique d’Ethereum et d’offrir des revenus additionnels aux stakers. Les gros acteurs comme BitMine, en stakant leur ETH, ne cherchent pas seulement le rendement de base, mais aussi à alimenter l’écosystème EigenLayer et ses opportunités de re-staking. Cette optimisation de l’efficacité du capital renforce encore la position de l’ETH comme « monnaie de productivité » dans le monde crypto, créant une boucle de valeur allant du staking de base aux applications dérivées.
Face à une participation au staking d’Ethereum qui atteint de nouveaux sommets, les investisseurs doivent repenser leur approche. À court terme, la poursuite de la croissance du staking soutient directement le prix de l’ETH. La sortie massive d’ETH du marché réduit la pression vendeuse, et la file d’attente indique que cette tendance de contraction de l’offre pourrait continuer. Si les institutions poursuivent leur entrée (par exemple, l’objectif de BitMine de détenir 5 % de l’offre en circulation) et si l’approbation potentielle d’un ETF Ethereum attire de nouveaux flux, la dynamique offre/demande sera très favorable. Sur le plan technique, l’ETH a déjà franchi une zone de consolidation récente ; si le prix se maintient au-dessus de 3 400 $, le prochain objectif pourrait être 3 800 $ ou le sommet de l’année dernière.
Mais il faut aussi rester vigilant face aux risques. Le premier reste la volatilité macroéconomique. La politique monétaire mondiale, le risque de récession, peuvent impacter tous les actifs risqués, y compris l’ETH. Ensuite, le risque de défaillance des smart contracts ou de défaillance des fournisseurs de pools de staking centralisés (comme de grands pools) ne doit pas être sous-estimé. Enfin, la forte concentration de staking pourrait, dans des conditions extrêmes, poser un risque de liquidité. Même si des mécanismes de retrait existent, un déverrouillage massif et rapide pourrait théoriquement provoquer des chocs de marché, même si la longue file d’attente limite cette probabilité à court terme.
Pour différents profils d’investisseurs, la stratégie doit différencier. Les investisseurs à long terme, croyant dans le potentiel d’Ethereum, peuvent privilégier le staking direct ou via des protocoles de staking liquide réputés, pour profiter du « revenu passif » et de la croissance du réseau. Les traders, eux, doivent surveiller de près l’évolution du taux de staking, la longueur des files d’attente, et les indicateurs on-chain, qui sont autant de signaux pour anticiper la dynamique du marché. Enfin, les opportunités dérivées autour de l’écosystème de staking — tokens LSD, projets de re-staking, etc. — peuvent offrir des rendements supérieurs à la simple détention d’ETH. Quoi qu’il en soit, cette transformation profonde d’Ethereum — du réseau maintenu par des mineurs à un réseau décentralisé, sécurisé et productif, soutenu par une communauté mondiale de stakers — est irréversible. La participation massive de BitMine de 5 milliards de dollars n’est qu’un signal de départ. Dans cette nouvelle ère, détenir de l’ETH ne se limite plus à parier sur sa hausse, mais consiste à devenir actionnaire et partie prenante de cette infrastructure décentralisée et de son immense économie.
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