Le piège de 2,5 % ! Le feu de la guerre au Moyen-Orient est en train de réécrire le scénario de la Réserve fédérale !

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Une fiche de performance inflationniste apparemment parfaite, mais en moins de 24 heures, elle a été jetée dans les « archives historiques ».

Le 11 mars, le Département du Travail américain a publié les données CPI de février, presque sans défaut : une hausse annuelle de 2,4 %, le CPI de base en baisse annuelle à 2,5 %, parfaitement conforme aux prévisions du marché, atteignant son niveau le plus bas depuis près de cinq ans. Pour la Réserve fédérale, c’était à l’origine une « invitation à réduire les taux » qu’elle attendait depuis longtemps. Cependant, l’attention de Wall Street n’a duré que quelques minutes sur ce rapport, avant de se tourner massivement vers le feu de guerre en Middle East.

Cette tempête énergétique déclenchée par le conflit iranien a transformé instantanément le taux d’inflation de base de 2,5 % en un « billet périmé ». Les investisseurs savent pertinemment : le véritable enjeu qui déterminera la vie ou la mort de la Fed n’a été publié qu’en mars.

  1. La « fiche de performance » de l’inflation est encourageante, mais les consommateurs se plaignent dans les supermarchés

● Sur le plan macroéconomique, l’inflation américaine semble effectivement suivre la bonne direction. En excluant alimentation et énergie, la hausse annuelle du CPI de base reste stable à 2,5 %, non seulement conforme aux attentes, mais aussi le plus bas depuis mars 2021. La croissance mensuelle de l’« inflation des services supercore » préférée de la Fed est également passée de 0,59 % en janvier à 0,35 %, montrant que cette forteresse obstinée du secteur des services commence à céder.

● Mais cette belle image est totalement déconnectée de la réalité des consommateurs américains ordinaires, qui se battent avec leurs tickets de caisse.

● Bien que les données macroéconomiques soient modérées, leur structure montre une divergence flagrante. La première concerne le coût du logement, dont la croissance mensuelle ralentit à 0,2 %, mais qui reste le principal moteur de l’inflation globale. Ce qui fait vraiment mal aux consommateurs, ce sont les « produits de première nécessité » liés à leur vie quotidienne : nourriture, huile, sel, vinaigre, thé.

● En entrant dans un supermarché américain en février, la hausse des prix peut vous faire douter de la fiabilité du rapport CPI. La viande de bœuf a augmenté globalement de 1,5 %, les steaks non transformés de 3,7 %, causant une douleur tangible aux amateurs de barbecue. Les amateurs de sucreries ne sont pas épargnés : les gâteaux frais et les cupcakes ont augmenté de 4,4 %, les gâteaux au café et les donuts de 3,6 %. Ce n’est pas une baisse de l’inflation, mais plutôt une « cuisson à feu doux » sur la langue.

● Plus inquiétant encore, la transmission des coûts due aux droits de douane se manifeste désormais sur les étals. Les prix des produits ménagers, y compris meubles et appareils électroménagers, ont augmenté de 3,9 % en glissement annuel, leur plus forte hausse depuis mai 2023. Les prix des appareils électroménagers ont bondi de 2,9 % en un mois, et ceux des vêtements de 2,5 %. Ces chiffres révèlent une tendance brutale : les entreprises n’en peuvent plus, les coûts sont de plus en plus transférés aux consommateurs finaux.

  1. La « durée de vie » des données n’est qu’un jour : le prix du pétrole est le nouveau maître

Si les données d’inflation de février étaient une eau tiède, celles de mars risquent d’être un bain d’huile brûlante.

● La date de clôture de ce rapport CPI précède la récente flambée des prix du pétrole provoquée par le conflit iranien. Cela signifie qu’il n’a pas du tout pris en compte la guerre. Depuis le début du conflit, le prix moyen du pétrole brut américain a grimpé à environ 82 dollars le baril, contre seulement 65 dollars en février. Selon l’American Automobile Association, le prix de l’essence dans les stations a augmenté de plus de 18 %, atteignant 3,54 dollars le gallon.

● L’économiste en chef de RSM, Joseph Brusuelas, a calculé : une hausse de 10 dollars du prix du baril de pétrole augmente le taux d’inflation global d’environ 0,2 point de pourcentage. La banque française BNP Paribas prévoit que cette récente hausse du prix du pétrole pourrait pousser l’inflation globale de 0,15 à 0,3 point de pourcentage.

● Ce n’est pas tout. Les effets de ricochet de la hausse du pétrole se propagent : les coûts des engrais et du transport commencent à augmenter, ce qui signifie qu’après quelques mois, les prix alimentaires en supermarché seront également affectés. Plus grave encore, l’arrêt du gouvernement en octobre dernier a empêché la collecte des données sur le coût du logement en octobre, ce qui a artificiellement abaissé le taux d’inflation annuel actuel. Cette distorsion technique sera corrigée dans le rapport d’avril.

● Citic Securities a prévenu dans une note : l’inflation annuelle du CPI américain devrait augmenter en mars et avril, puis fluctuer autour de 3 %. En d’autres termes, le point bas de 2,5 %, atteint depuis près de cinq ans, est probablement la meilleure valeur que nous verrons dans cette phase d’inflation, avant une montée progressive.

  1. Le « dilemme du prisonnier » de la Fed : la fenêtre de baisse des taux se ferme sous le feu du conflit

● Ces données CPI obsolètes ne peuvent évidemment pas changer la décision des responsables de la Fed de rester sur la touche lors de leur réunion la semaine prochaine. Ce qui les hante réellement, c’est la lame de Damoclès que constitue la hausse du prix du pétrole, suspendue au-dessus de l’inflation.

● La présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, a averti que la poursuite de la hausse des prix du pétrole renforcerait les inquiétudes des consommateurs quant à l’inflation future, ce qui compliquerait la tâche de la Fed pour ignorer l’impact à court terme de l’énergie. Après avoir tiré des leçons d’une mauvaise anticipation de l’inflation post-pandémie, Jerome Powell et ses collègues n’osent plus dire que « l’inflation est temporaire ».

● Le marché donne de la voix. L’indicateur de la Fed sur le Chicago Mercantile Exchange a repoussé la prévision d’une baisse des taux à septembre, avec seulement 43 % de chances qu’une deuxième baisse ait lieu avant la fin de l’année. Morgan Stanley maintient ses prévisions de deux baisses en juin et septembre, mais admet que le choc pétrolier lié à la guerre iranienne pourrait repousser la première baisse à septembre ou même décembre.

● C’est un « dilemme du prisonnier » typique : si la Fed baisse les taux, l’inflation pourrait renaître de ses cendres sous l’effet du pétrole ; si elle ne baisse pas, la hausse du prix du pétrole freine déjà la croissance, érode les profits des entreprises et sape la confiance des consommateurs.

● Sonnu Vaghis, stratège macroéconomique en chef chez Carson Group, l’a dit franchement : « Le CPI de février n’était qu’un calme avant la tempête. La hausse du prix de l’essence en mars entraînera une nouvelle pression inflationniste, même en excluant l’impact de l’énergie. Ce rapport montre aussi que l’effet des droits de douane continue d’impacter l’inflation des biens de base. »

  1. Le marché est honnête : il passe outre le CPI, va droit au but

Wall Street a montré par ses actions qu’elle préfère ignorer ces « données historiques » : elle négocie directement la guerre.

● Après la publication des données, les trois principaux indices boursiers américains ont tous chuté, le Dow Jones ayant brièvement perdu plus de 500 points. Cependant, le secteur de l’énergie a contre toute attente augmenté de 2,48 %, devenant la seule lumière dans l’obscurité. L’indice du dollar américain a brièvement augmenté sous l’effet de l’aversion au risque, dépassant 99. L’or a connu une chute spectaculaire, perdant 75 dollars en une seule journée.

● Derrière cette divergence, le marché réévalue une toute nouvelle narration macroéconomique : les risques de navigation dans le détroit d’Hormuz, la désorganisation de la chaîne d’approvisionnement énergétique mondiale, et l’ombre de stagflation qui en découle. Comme l’a dit Chris Zaccarelli, directeur des investissements chez Northlight Asset Management, la plus grande bonne nouvelle du CPI de février est qu’il n’a pas dépassé les attentes, mais il reste un indicateur retardé.

● Désormais, tous les regards se tournent vers trois questions : quand le détroit d’Hormuz reprendra-t-il sa navigation ? La confrontation entre les États-Unis et l’Iran s’étendra-t-elle davantage ? Quand la hausse du prix du pétrole se transmettra-t-elle aux chiffres d’inflation de mars ? Avant d’obtenir des réponses, la fenêtre de baisse des taux de la Fed, sous le feu du conflit au Moyen-Orient, se ferme peu à peu.

● Pour le citoyen américain moyen, un taux d’inflation de 2,5 % semble plus une donnée technique lointaine qu’une réalité immédiate. Leur préoccupation principale : combien ils devront dépenser pour faire le plein la semaine prochaine, ou si le steak en supermarché sera à nouveau affiché à un nouveau prix.

Et ces deux questions sont précisément les véritables variables qui détermineront la trajectoire de l’économie américaine en 2026 et le destin de la Fed.

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