Les performances financières de Roche Holding AG en 2025 révèlent une histoire captivante : si les fluctuations des devises étrangères ont atténué les résultats rapportés, le géant pharmaceutique suisse a démontré une solidité sous-jacente portée par la croissance de ses portefeuilles contre l’hémophilie et les soins spécialisés. La société a enregistré un chiffre d’affaires total de 74,4 milliards de dollars USD, en dessous des attentes des analystes, mais une analyse plus approfondie montre une résilience opérationnelle qui positionne l’entreprise pour une dynamique favorable en 2026.
Le défi monétaire a été significatif. L’appréciation du franc suisse a créé une pression importante sur les résultats convertis des monnaies locales en francs suisses. Cependant, à taux de change constants (TCC)—la métrique qui élimine le bruit des fluctuations FX—la division pharmaceutique de Roche a enregistré une croissance impressionnante de 9 % à 47,7 milliards de CHF, tandis que le chiffre d’affaires global de l’entreprise a augmenté de 7 % à 61,5 milliards de CHF. Cette distinction est cruciale pour les investisseurs : les fondamentaux de l’activité de Roche restent solides malgré les déceptions en termes de résultats globaux.
Hémophilie et Hématologie : Le moteur de croissance qui redéfinit le portefeuille de Roche
Parmi tous les domaines thérapeutiques, l’hématologie s’est imposée comme l’un des moteurs de croissance les plus convaincants de Roche, avec des solutions de traitement de l’hémophilie qui attirent une attention exceptionnelle. Hemlibra, le traitement phare de la société contre l’hémophilie A, a bondi de 11 % en glissement annuel pour atteindre 4,7 milliards de CHF, bénéficiant d’une expansion mondiale soutenue et d’une pénétration accrue sur des marchés où le traitement de l’hémophilie était historiquement sous-desservi.
Comprendre l’importance de l’hémophilie dans la stratégie de Roche nécessite un contexte : cette maladie génétique rare de saignement altère la capacité du corps à coaguler le sang. Historiquement, l’hémophilie a été caractérisée pour la première fois au XIXe siècle, bien que ses observations remontent à plusieurs siècles. Les traitements actuels, notamment le mécanisme innovant de Hemlibra, représentent un changement radical dans les résultats pour les patients et leur qualité de vie. Plutôt que de remplacer les facteurs de coagulation manquants, la technologie de Roche agit en restaurant l’équilibre de l’hémostase par une voie différente—démontrant comment la biotechnologie moderne peut révolutionner la gestion des maladies rares.
Le marché de l’hémophilie reflète également des tendances plus larges dans la performance de Roche : soins spécialisés, médecine personnalisée et thérapies à prix premium pour des besoins non satisfaits. La croissance continue de Hemlibra indique une forte demande mondiale, compensée en partie par la pression sur les prix dans certains régions. Cette expansion du portefeuille d’hémophilie illustre la capacité de Roche à concurrencer dans des segments à forte valeur ajoutée, axés sur l’innovation—contrebalançant l’érosion causée par les biosimilaires dans ses produits oncologiques historiques.
Soins spécialisés et oncologie : gagnants et perdants à l’ère des biosimilaires
Au-delà de l’hémophilie, le portefeuille de Roche révèle une dynamique de marché bifurquée. Les principaux moteurs de croissance en 2025—Phesgo (cancer du sein), Xolair (allergies), Ocrevus (sclérose en plaques) et Vabysmo (maladie oculaire)—ont généré un chiffre d’affaires combiné de 21,4 milliards de CHF, en hausse de 3,2 milliards de CHF par rapport à l’année précédente à TCC.
Le produit vedette fut le médicament contre le cancer du sein Phesgo, qui a explosé de 48 % pour atteindre 2,4 milliards de CHF, porté par de forts taux de conversion des patients issus des régimes traditionnels à base de Herceptin. Herceptin lui-même a chuté de 22 % pour atteindre 1 milliard de CHF, face à une concurrence accrue de biosimilaires sur plusieurs marchés. Ce schéma—des formulations innovantes en plein essor alors que les anciennes franchises se contractent—soulève l’évolution du secteur : la valeur revient désormais à ceux qui proposent de véritables améliorations en termes de livraison, d’efficacité ou de commodité.
Le médicament contre la sclérose en plaques Ocrevus a enregistré une croissance de 9 % à 7 milliards de CHF, stimulée par une forte adoption de sa formulation sous-cutanée, qui améliore l’expérience patient par rapport à l’administration intraveineuse. De même, Vabysmo, avec une croissance de 12 % pour atteindre 4,1 milliards de CHF, reflète une demande robuste pour des solutions innovantes dans les maladies rétiniennes à l’échelle mondiale.
À l’inverse, certains médicaments historiques ont subi des revers. Avastin a diminué de 17 % pour atteindre 973 millions de CHF en raison de la pression des biosimilaires. Rituxan/MabThera a reculé de 4 % pour atteindre 1,2 milliard de CHF, alors que les biologiques de seconde génération ont capté des parts de marché. Ces baisses illustrent la transition globale de l’industrie vers les biosimilaires—des médicaments anticorps génériques qui reproduisent la performance des originaux à moindre coût, exerçant une pression sur les prix et les volumes des premiers produits.
Division Diagnostic : stabilité dans un contexte de transformation du secteur de la santé
La division Diagnostics de Roche a enregistré un chiffre d’affaires de 13,8 milliards de CHF, en hausse de seulement 2 % à TCC—un rythme plus lent que celui de la pharmacie mais résilient face aux vents contraires. La demande pour les solutions en pathologie et en biologie moléculaire est restée forte, même si cette croissance a à peine compensé les réformes tarifaires et la pression sur les volumes en Chine, historiquement un marché à forte croissance. Ce segment représente le « pilier stable » de Roche : moins glamour que les blockbusters pharmaceutiques, mais générant des flux de trésorerie fiables et offrant des opportunités dans l’intégration de la médecine de précision.
Catalyseurs de pipeline : de l’obésité aux maladies rares, les approbations à venir
Le calendrier réglementaire de Roche pour 2025-2026 offre plusieurs catalyseurs à court terme. La Commission européenne a approuvé Gazyva/Gazyvaro pour la néphrite lupique, étendant la franchise des cancers du sang aux indications auto-immunes. La société a également obtenu des autorisations pour la formulation sous-cutanée de Lunsumio dans certains cancers du sang, répondant à la demande de commodité des patients—un thème récurrent dans la stratégie d’innovation de Roche.
Plus notable encore, des données positives de phase III ont été publiées pour giredestrant, un candidat contre le cancer du sein, qui a montré une réduction de 30 % du risque de récidive ou de décès par rapport au traitement standard. Fenebrutinib, un inhibiteur de BTK pour la sclérose en plaques, a atteint son objectif principal dans l’étude FENhance 2, réduisant significativement le taux de rechutes annuelles par rapport au teriflunomide.
Ce qui est peut-être le plus intrigant : CT-388, l’agoniste double GLP-1/GIP pour l’obésité, a obtenu une perte de poids ajustée au placebo de 22,5 % à la dose la plus élevée lors des essais de phase II—une performance comparable voire supérieure à celle des traitements existants d’Eli Lilly (tirzepatide, Mounjaro/Zepbound) et de Novo Nordisk (semaglutide, Ozempic/Wegovy). Des essais de phase III devraient débuter ce trimestre, positionnant Roche pour concurrencer la domination du marché de l’obésité détenue par Lilly et Novo Nordisk, malgré une entrée tardive dans ce domaine saturé.
Concurrence sur le marché et positionnement concurrentiel de Roche
Le secteur de l’obésité illustre un thème clé : même des entrants tardifs avec des données d’efficacité supérieures peuvent capter une part significative. Lilly domine actuellement avec Mounjaro et Zepbound, tandis que Novo Nordisk occupe une position forte avec Ozempic et Wegovy. Les deux entreprises tirent des revenus importants de leurs franchises cardiométaboliques. Cependant, les premiers résultats de CT-388 de Roche suggèrent une différenciation réelle—un point d’inflexion potentiel si les données de confirmation de phase III sont positives.
Plus largement, Roche doit faire face à une bataille industrielle contre les biosimilaires dans ses franchises oncologiques et immunologiques. La réponse stratégique de la société—investir massivement dans des formulations de nouvelle génération (sous-cutanée, combinaisons à dose fixe), de nouveaux mécanismes (inhibiteurs de BTK, agonistes doubles) et l’expansion des indications—est visible dans l’ensemble de son portefeuille. La dynamique de Hemlibra en hémophilie illustre l’engagement de Roche à se différencier au-delà de la simple compétition tarifaire.
Perspectives 2026 et thèse d’investissement
La direction prévoit une croissance des ventes à taux de change constant d’au moins 5 % en 2026, avec une croissance du résultat opérationnel de l’ordre de 8 à 10 %. La société envisage également d’augmenter encore ses dividendes en francs suisses—un signe de confiance dans la génération de cash malgré les défis liés aux brevets et à la concurrence des biosimilaires.
Du point de vue de l’investissement, le rapport risque/rendement de Roche semble équilibré. La volatilité des devises demeure un obstacle, tout comme l’érosion par biosimilaires dans les franchises historiques. Cependant, la capacité démontrée de croître malgré ces défis—portée par les avancées en hémophilie, les nouvelles franchises spécialisées, la dynamique du pipeline dans l’obésité et les maladies rares—suggère une dynamique sous-jacente qui devrait soutenir la valorisation. L’action Roche a gagné 36,5 % depuis le début de l’année 2025, surpassant la progression de 18 % de l’industrie, témoignant de la confiance des investisseurs dans l’exécution.
En comparaison, Bayer (actuellement noté Zacks Rank #2 Achat) offre une autre alternative dans le secteur pharmaceutique à grande capitalisation. Les actions Bayer ont bondi de 135,5 % au cours de l’année écoulée, avec une hausse des estimations de bénéfices pour 2026 passant de 1,38 à 1,51 dollars par action au cours des deux derniers mois—suggérant une accélération des bénéfices qui pourrait compléter sa dynamique de valorisation.
Roche, actuellement classée Zacks Rank #3 (Conserver), semble à une valorisation appropriée compte tenu de l’équilibre entre la croissance à court terme de l’hémophilie/soins spécialisés, les catalyseurs de pipeline allant de l’obésité aux maladies rares, et la pression des devises et biosimilaires. Le portefeuille d’hémophilie et les franchises de soins spécialisés de nouvelle génération de Roche représentent une différenciation authentique dans un secteur en consolidation, confronté à la fin de brevets.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
La percée de Roche dans l'hémophilie stimule la croissance du secteur pharmaceutique malgré les vents contraires liés aux devises en 2025
Les performances financières de Roche Holding AG en 2025 révèlent une histoire captivante : si les fluctuations des devises étrangères ont atténué les résultats rapportés, le géant pharmaceutique suisse a démontré une solidité sous-jacente portée par la croissance de ses portefeuilles contre l’hémophilie et les soins spécialisés. La société a enregistré un chiffre d’affaires total de 74,4 milliards de dollars USD, en dessous des attentes des analystes, mais une analyse plus approfondie montre une résilience opérationnelle qui positionne l’entreprise pour une dynamique favorable en 2026.
Le défi monétaire a été significatif. L’appréciation du franc suisse a créé une pression importante sur les résultats convertis des monnaies locales en francs suisses. Cependant, à taux de change constants (TCC)—la métrique qui élimine le bruit des fluctuations FX—la division pharmaceutique de Roche a enregistré une croissance impressionnante de 9 % à 47,7 milliards de CHF, tandis que le chiffre d’affaires global de l’entreprise a augmenté de 7 % à 61,5 milliards de CHF. Cette distinction est cruciale pour les investisseurs : les fondamentaux de l’activité de Roche restent solides malgré les déceptions en termes de résultats globaux.
Hémophilie et Hématologie : Le moteur de croissance qui redéfinit le portefeuille de Roche
Parmi tous les domaines thérapeutiques, l’hématologie s’est imposée comme l’un des moteurs de croissance les plus convaincants de Roche, avec des solutions de traitement de l’hémophilie qui attirent une attention exceptionnelle. Hemlibra, le traitement phare de la société contre l’hémophilie A, a bondi de 11 % en glissement annuel pour atteindre 4,7 milliards de CHF, bénéficiant d’une expansion mondiale soutenue et d’une pénétration accrue sur des marchés où le traitement de l’hémophilie était historiquement sous-desservi.
Comprendre l’importance de l’hémophilie dans la stratégie de Roche nécessite un contexte : cette maladie génétique rare de saignement altère la capacité du corps à coaguler le sang. Historiquement, l’hémophilie a été caractérisée pour la première fois au XIXe siècle, bien que ses observations remontent à plusieurs siècles. Les traitements actuels, notamment le mécanisme innovant de Hemlibra, représentent un changement radical dans les résultats pour les patients et leur qualité de vie. Plutôt que de remplacer les facteurs de coagulation manquants, la technologie de Roche agit en restaurant l’équilibre de l’hémostase par une voie différente—démontrant comment la biotechnologie moderne peut révolutionner la gestion des maladies rares.
Le marché de l’hémophilie reflète également des tendances plus larges dans la performance de Roche : soins spécialisés, médecine personnalisée et thérapies à prix premium pour des besoins non satisfaits. La croissance continue de Hemlibra indique une forte demande mondiale, compensée en partie par la pression sur les prix dans certains régions. Cette expansion du portefeuille d’hémophilie illustre la capacité de Roche à concurrencer dans des segments à forte valeur ajoutée, axés sur l’innovation—contrebalançant l’érosion causée par les biosimilaires dans ses produits oncologiques historiques.
Soins spécialisés et oncologie : gagnants et perdants à l’ère des biosimilaires
Au-delà de l’hémophilie, le portefeuille de Roche révèle une dynamique de marché bifurquée. Les principaux moteurs de croissance en 2025—Phesgo (cancer du sein), Xolair (allergies), Ocrevus (sclérose en plaques) et Vabysmo (maladie oculaire)—ont généré un chiffre d’affaires combiné de 21,4 milliards de CHF, en hausse de 3,2 milliards de CHF par rapport à l’année précédente à TCC.
Le produit vedette fut le médicament contre le cancer du sein Phesgo, qui a explosé de 48 % pour atteindre 2,4 milliards de CHF, porté par de forts taux de conversion des patients issus des régimes traditionnels à base de Herceptin. Herceptin lui-même a chuté de 22 % pour atteindre 1 milliard de CHF, face à une concurrence accrue de biosimilaires sur plusieurs marchés. Ce schéma—des formulations innovantes en plein essor alors que les anciennes franchises se contractent—soulève l’évolution du secteur : la valeur revient désormais à ceux qui proposent de véritables améliorations en termes de livraison, d’efficacité ou de commodité.
Le médicament contre la sclérose en plaques Ocrevus a enregistré une croissance de 9 % à 7 milliards de CHF, stimulée par une forte adoption de sa formulation sous-cutanée, qui améliore l’expérience patient par rapport à l’administration intraveineuse. De même, Vabysmo, avec une croissance de 12 % pour atteindre 4,1 milliards de CHF, reflète une demande robuste pour des solutions innovantes dans les maladies rétiniennes à l’échelle mondiale.
À l’inverse, certains médicaments historiques ont subi des revers. Avastin a diminué de 17 % pour atteindre 973 millions de CHF en raison de la pression des biosimilaires. Rituxan/MabThera a reculé de 4 % pour atteindre 1,2 milliard de CHF, alors que les biologiques de seconde génération ont capté des parts de marché. Ces baisses illustrent la transition globale de l’industrie vers les biosimilaires—des médicaments anticorps génériques qui reproduisent la performance des originaux à moindre coût, exerçant une pression sur les prix et les volumes des premiers produits.
Division Diagnostic : stabilité dans un contexte de transformation du secteur de la santé
La division Diagnostics de Roche a enregistré un chiffre d’affaires de 13,8 milliards de CHF, en hausse de seulement 2 % à TCC—un rythme plus lent que celui de la pharmacie mais résilient face aux vents contraires. La demande pour les solutions en pathologie et en biologie moléculaire est restée forte, même si cette croissance a à peine compensé les réformes tarifaires et la pression sur les volumes en Chine, historiquement un marché à forte croissance. Ce segment représente le « pilier stable » de Roche : moins glamour que les blockbusters pharmaceutiques, mais générant des flux de trésorerie fiables et offrant des opportunités dans l’intégration de la médecine de précision.
Catalyseurs de pipeline : de l’obésité aux maladies rares, les approbations à venir
Le calendrier réglementaire de Roche pour 2025-2026 offre plusieurs catalyseurs à court terme. La Commission européenne a approuvé Gazyva/Gazyvaro pour la néphrite lupique, étendant la franchise des cancers du sang aux indications auto-immunes. La société a également obtenu des autorisations pour la formulation sous-cutanée de Lunsumio dans certains cancers du sang, répondant à la demande de commodité des patients—un thème récurrent dans la stratégie d’innovation de Roche.
Plus notable encore, des données positives de phase III ont été publiées pour giredestrant, un candidat contre le cancer du sein, qui a montré une réduction de 30 % du risque de récidive ou de décès par rapport au traitement standard. Fenebrutinib, un inhibiteur de BTK pour la sclérose en plaques, a atteint son objectif principal dans l’étude FENhance 2, réduisant significativement le taux de rechutes annuelles par rapport au teriflunomide.
Ce qui est peut-être le plus intrigant : CT-388, l’agoniste double GLP-1/GIP pour l’obésité, a obtenu une perte de poids ajustée au placebo de 22,5 % à la dose la plus élevée lors des essais de phase II—une performance comparable voire supérieure à celle des traitements existants d’Eli Lilly (tirzepatide, Mounjaro/Zepbound) et de Novo Nordisk (semaglutide, Ozempic/Wegovy). Des essais de phase III devraient débuter ce trimestre, positionnant Roche pour concurrencer la domination du marché de l’obésité détenue par Lilly et Novo Nordisk, malgré une entrée tardive dans ce domaine saturé.
Concurrence sur le marché et positionnement concurrentiel de Roche
Le secteur de l’obésité illustre un thème clé : même des entrants tardifs avec des données d’efficacité supérieures peuvent capter une part significative. Lilly domine actuellement avec Mounjaro et Zepbound, tandis que Novo Nordisk occupe une position forte avec Ozempic et Wegovy. Les deux entreprises tirent des revenus importants de leurs franchises cardiométaboliques. Cependant, les premiers résultats de CT-388 de Roche suggèrent une différenciation réelle—un point d’inflexion potentiel si les données de confirmation de phase III sont positives.
Plus largement, Roche doit faire face à une bataille industrielle contre les biosimilaires dans ses franchises oncologiques et immunologiques. La réponse stratégique de la société—investir massivement dans des formulations de nouvelle génération (sous-cutanée, combinaisons à dose fixe), de nouveaux mécanismes (inhibiteurs de BTK, agonistes doubles) et l’expansion des indications—est visible dans l’ensemble de son portefeuille. La dynamique de Hemlibra en hémophilie illustre l’engagement de Roche à se différencier au-delà de la simple compétition tarifaire.
Perspectives 2026 et thèse d’investissement
La direction prévoit une croissance des ventes à taux de change constant d’au moins 5 % en 2026, avec une croissance du résultat opérationnel de l’ordre de 8 à 10 %. La société envisage également d’augmenter encore ses dividendes en francs suisses—un signe de confiance dans la génération de cash malgré les défis liés aux brevets et à la concurrence des biosimilaires.
Du point de vue de l’investissement, le rapport risque/rendement de Roche semble équilibré. La volatilité des devises demeure un obstacle, tout comme l’érosion par biosimilaires dans les franchises historiques. Cependant, la capacité démontrée de croître malgré ces défis—portée par les avancées en hémophilie, les nouvelles franchises spécialisées, la dynamique du pipeline dans l’obésité et les maladies rares—suggère une dynamique sous-jacente qui devrait soutenir la valorisation. L’action Roche a gagné 36,5 % depuis le début de l’année 2025, surpassant la progression de 18 % de l’industrie, témoignant de la confiance des investisseurs dans l’exécution.
En comparaison, Bayer (actuellement noté Zacks Rank #2 Achat) offre une autre alternative dans le secteur pharmaceutique à grande capitalisation. Les actions Bayer ont bondi de 135,5 % au cours de l’année écoulée, avec une hausse des estimations de bénéfices pour 2026 passant de 1,38 à 1,51 dollars par action au cours des deux derniers mois—suggérant une accélération des bénéfices qui pourrait compléter sa dynamique de valorisation.
Roche, actuellement classée Zacks Rank #3 (Conserver), semble à une valorisation appropriée compte tenu de l’équilibre entre la croissance à court terme de l’hémophilie/soins spécialisés, les catalyseurs de pipeline allant de l’obésité aux maladies rares, et la pression des devises et biosimilaires. Le portefeuille d’hémophilie et les franchises de soins spécialisés de nouvelle génération de Roche représentent une différenciation authentique dans un secteur en consolidation, confronté à la fin de brevets.