Le pape américain doit-il faire face aux obligations fiscales américaines sur ses revenus papaux importants ?

L’élection du pape Léon XIV marque un moment historique pour l’Église catholique — le premier pontife né aux États-Unis dans l’histoire de plusieurs siècles de l’institution. Mais ses origines américaines apportent une complication inattendue : une éventuelle responsabilité fiscale aux États-Unis sur la rémunération généreuse qui accompagne sa fonction. À environ 30 000 euros par mois (environ 33 000 dollars), le salaire papal soulève une question cruciale sur la façon dont la législation fiscale américaine interagit avec l’un des offices religieux les plus prestigieux au monde.

Le gouvernement américain maintient une politique fiscale unique qui affirme son autorité sur ses citoyens, peu importe où ils vivent ou travaillent. Le pape Léon XIV, né Robert Prevost à Chicago, reste techniquement citoyen américain malgré des décennies passées à l’étranger. Ce statut de citoyen, combiné à ses revenus substantiels en tant que pape, crée une situation fiscale réellement nouvelle que les experts juridiques et financiers commencent tout juste à analyser.

Les Églises sont exonérées d’impôts, mais qu’en est-il des papes et de leurs revenus ?

Beaucoup supposent que les leaders religieux bénéficient des mêmes protections fiscales que les églises et organisations religieuses aux États-Unis. Cependant, cette supposition ne tient pas face à la réalité. Selon Edward A. David, professeur assistant en théologie et études religieuses au King’s College de Londres, le nouveau pape doit faire face à une réalité juridique simple : « Il est peu probable que le pape soit exempt d’impôts sur le revenu aux États-Unis. La législation fiscale américaine revendique le droit de taxer tous les citoyens sur leurs revenus mondiaux. »

Cette distinction est très importante. Alors que l’Église catholique elle-même bénéficie d’un statut d’exonération fiscale aux États-Unis, cette protection ne s’étend pas automatiquement aux responsables ecclésiastiques recevant une rémunération. Timothy Fogarty, professeur de comptabilité à la Case Western Reserve University, confirme qu’il n’existe pas « d’exception générale pour le personnel religieux » — et cette exclusion s’applique même aux diplomates et chefs d’État. L’IRS considère les revenus du pape comme ceux de tout autre individu, issus de ses gains mondiaux.

Calcul de l’impôt : comment un salaire papal de 33 000 dollars par mois se traduit-il en obligations fédérales ?

Les implications financières deviennent concrètes lorsqu’on examine les chiffres réels. La rémunération annuelle du pape Léon XIV, d’environ 396 000 dollars (calculée à partir de son salaire mensuel de 30 000 euros), pourrait générer des obligations fiscales importantes. Sans demander de déductions, sa responsabilité fiscale fédérale et étatique pour l’auto-entrepreneuriat pourrait atteindre environ 135 287 dollars par an — une part significative de sa rémunération brute.

Ce calcul suppose que le pape accepte la totalité de son salaire. Le montant précis dépendrait de divers facteurs, notamment son statut de déclaration, les crédits éventuels et sa situation fiscale spécifique. Cependant, même avec une planification fiscale agressive, la responsabilité potentielle reste suffisamment importante pour que les conseillers financiers du Vatican y prêtent une attention sérieuse.

Statut de travailleur indépendant pour le clergé et déductions fiscales possibles

Une nuance essentielle dans ce scénario réside dans la façon dont le code fiscal américain classe les membres du clergé. Pour la Sécurité sociale et Medicare, le clergé est généralement considéré comme travailleur indépendant, une désignation qui crée à la fois des obligations et des opportunités. Le pape Léon XIV pourrait bénéficier de plusieurs stratégies légitimes de réduction d’impôt.

Tout d’abord, il pourrait demander la déduction standard, actuellement fixée à 14 600 dollars pour les déclarants célibataires. De plus, en tant que travailleur indépendant, il pourrait déduire des dépenses professionnelles liées à sa fonction. Particulièrement importante est la déduction potentielle pour les coûts de logement liés à l’hébergement fourni par le Vatican, qui pourrait inclure meubles, services publics et autres dépenses liées à la résidence.

La possibilité de déduction pour le logement est notable car le logement du Vatican représente un patrimoine immobilier et des commodités considérables. Une documentation appropriée de ces dépenses pourrait réduire significativement son revenu imposable. Au-delà du logement, d’autres dépenses liées au clergé pourraient également être considérées comme des déductions professionnelles, bien que la frontière entre dépenses personnelles et coûts professionnels légitimes reste sujette à l’interprétation de l’IRS.

Holdings de la Banque du Vatican et obligations de déclaration des comptes étrangers

Une couche plus complexe de conformité fiscale concerne le contrôle potentiel du pape Léon XIV sur les comptes de la Banque du Vatican et les avoirs financiers internationaux. Les actifs de la Banque du Vatican, qui ont dépassé 6,1 milliards de dollars en 2023, représentent une situation véritablement unique dans la finance internationale.

Si le pape détient une autorité de signature sur ces comptes — ce qui est probable compte tenu de son rôle institutionnel — il doit respecter des obligations de déclaration auprès des autorités américaines. En particulier, il devrait déposer le formulaire 8938 auprès de l’IRS pour divulguer ses importants comptes financiers étrangers. De plus, il serait probablement tenu de déposer un Rapport sur les comptes bancaires étrangers (FBAR) auprès du Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du Département du Trésor.

Bien que la détention de comptes à l’étranger puisse initialement sembler une voie vers l’évasion fiscale, l’IRS est devenue de plus en plus sophistiquée dans le suivi de l’activité financière internationale des Américains. Une conformité correcte aux obligations de déclaration protège le pape Léon XIV de risques juridiques graves. La clé est une divulgation transparente plutôt qu’un secret.

Le précédent de son prédécesseur

Une considération pratique importante découle de l’histoire récente du papauté. Le pape François, prédécesseur immédiat du pape Léon XIV, a été confronté à des circonstances fiscales identiques en tant que citoyen américain ayant accès à la rémunération papale. Notamment, le pape François a refusé de réclamer la totalité de son salaire, évitant ainsi complètement les complications fiscales.

Ce précédent suggère une voie possible. Bien que le pape Léon XIV reste techniquement en droit de percevoir ses 33 000 dollars mensuels, il pourrait suivre l’exemple du pape François en renonçant à tout ou partie de ce revenu. Une telle décision éliminerait totalement ses obligations fiscales fédérales tout en conservant l’autorité symbolique et la position institutionnelle de son office.

La décision dépendra finalement des priorités personnelles du pape Léon XIV. S’il choisit d’accepter son salaire complet, il devra naviguer inévitablement dans les obligations fiscales américaines. Mais, comme son prédécesseur, il conserve la possibilité de refuser une rémunération importante pour éviter les complications que la législation fiscale américaine pourrait lui imposer. Quoi qu’il en soit, ce scénario souligne à quel point la juridiction fiscale américaine s’étend — même jusqu’aux plus hauts niveaux de l’autorité religieuse internationale.

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