La récente chute des cours du pétrole brut révèle la force redoutable des vents contraires macroéconomiques qui submergent le marché de l’énergie. Les contrats à terme sur le WTI de mars ont chuté de 4,71 %, tandis que les contrats RBOB d’essence ont reculé de 4,68 %, alors que les investisseurs doivent faire face à deux forces contradictoires : une appréciation du dollar américain et un apaisement inattendu des tensions géopolitiques. La patience du marché est mise à rude épreuve alors que plusieurs pressions sur l’offre et la demande convergent simultanément, créant un environnement où les catalyseurs haussiers traditionnels ont perdu de leur puissance.
Lorsque la force du dollar l’emporte sur la prime de risque géopolitique
L’indice du dollar a atteint un sommet d’une semaine, ce qui a efficacement freiné les cotations du pétrole brut dans l’ensemble. Un dollar plus fort rend l’énergie libellée en dollars plus coûteuse pour les acheteurs internationaux, créant des vents contraires à la demande. Par ailleurs, les démarches diplomatiques du président Trump envers l’Iran, combinées aux signaux du ministère des Affaires étrangères de Téhéran concernant la poursuite de négociations pacifiques, ont considérablement réduit la prime de risque traditionnellement intégrée dans les prix du pétrole. La réunion prochaine annoncée entre l’envoyé américain Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à Istanbul représente le type de désescalade qui remet en question la patience des investisseurs face à la spéculation sur un conflit militaire.
La vigueur du dollar reflète des conditions monétaires plus larges qui impactent inversement les marchés des matières premières. Lorsque le dollar s’apprécie, cela crée une double pression sur les cotations du brut : d’abord par la destruction de la demande pour les importations, puis par un rééquilibrage des portefeuilles, qui se détourne des matières premières au profit d’actifs libellés en devises. Cette relation mécanique s’est révélée plus puissante que l’anxiété géopolitique concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement iranien.
Les pressions sur l’offre s’intensifient malgré l’incertitude géopolitique
Même si les investisseurs maintiennent leur patience en attendant des signaux plus clairs issus des négociations avec l’Iran, le marché mondial du pétrole fait face à une pression croissante due à des augmentations de production inattendues. Les exportations de brut vénézuélien ont bondi à 800 000 barils par jour en janvier — une hausse spectaculaire par rapport à 498 000 b/j en décembre — contredisant les attentes antérieures de contraintes persistantes sur la production vénézuélienne. Cette augmentation de 60 % d’un mois sur l’autre modifie fondamentalement la situation de l’offre et exerce une pression à la baisse sur les cotations du pétrole.
La reprise des exportations vénézuéliennes montre que les effets des sanctions pourraient se dissiper plus rapidement que prévu. Par ailleurs, l’OPEP+ a indiqué son intention de maintenir la hausse de la production, mais à un rythme mesuré qui met à l’épreuve la patience du marché. En novembre 2025, les membres de l’OPEP+ ont approuvé une augmentation supplémentaire de 137 000 b/j pour décembre, avec des plans pour suspendre toute nouvelle hausse jusqu’au premier trimestre 2026. Cependant, l’OPEP+ doit encore restaurer 1,2 million de b/j sur les 2,2 millions de b/j de réduction de production mises en œuvre début 2024 — un processus pluriannuel nécessitant une patience considérable de la part des États membres alors qu’ils naviguent dans un contexte de cotations mondiales du brut en baisse.
Les cotations du brut confrontées à des vents contraires structurels liés à la dynamique de la chaîne d’approvisionnement
L’Agence Internationale de l’Énergie a révisé à la hausse ses prévisions de surplus mondial de brut pour 2026, passant à 3,7 millions de b/j — une augmentation par rapport à l’estimation de 3,815 millions de b/j du mois précédent — signalant un renforcement des conditions de surapprovisionnement. Ce changement structurel pèse lourdement sur les cotations du pétrole et renforce la nécessité pour le marché de faire preuve de patience à mesure que la capacité de production se met en place progressivement.
Notamment, la campagne coordonnée de l’Ukraine contre les infrastructures énergétiques russes illustre la puissance de la guerre économique asymétrique. Au cours des cinq derniers mois, les forces ukrainiennes ont ciblé au moins 28 raffineries russes par des frappes de drones et de missiles, tout en intensifiant leurs attaques contre les pétroliers russes en mer Baltique. Cependant, ces perturbations — qui auraient historiquement soutenu les cotations du pétrole — sont submergées par des pressions plus larges sur l’offre. De nouvelles sanctions américaines et européennes contre les compagnies énergétiques russes ajoutent des restrictions supplémentaires, mais l’offre mondiale de pétrole reste suffisamment abondante pour absorber ces contraintes.
Les données de l’Energy Information Administration révèlent des signaux mixtes sur les stocks : les stocks américains de brut restent inférieurs de 2,9 % à la moyenne saisonnière sur cinq ans, ce qui suggère une demande sous-jacente solide, tandis que les stocks d’essence se négocient à 4,1 % au-dessus de la moyenne, indiquant une faiblesse potentielle de la consommation. La production américaine de brut a légèrement diminué de 0,3 % semaine après semaine, pour atteindre 13,696 millions de b/j, légèrement en dessous du record de novembre 2024 de 13,862 millions de b/j. Le nombre d’outils de forage actifs aux États-Unis est resté stable à 411, ayant à peine récupéré du creux de 406 outils enregistré en décembre, ce qui reflète la patience de l’industrie à engager de nouveaux capitaux dans un contexte de cotations molles du brut.
Perspectives du marché : la patience sera-t-elle récompensée ou mise à l’épreuve davantage ?
L’environnement actuel met à l’épreuve la patience des traders comme des producteurs, alors que plusieurs forces poussent les cotations du pétrole brut dans des directions contradictoires. La force du dollar continue de constituer un vent mécanique défavorable, tandis que l’amélioration des relations avec l’Iran réduit la prime de risque tail — qui soutenait auparavant les prix. Par ailleurs, un léger surplus d’offre émerge des augmentations vénézuéliennes et de la prudence dans la restauration de la production par l’OPEP+, exerçant une pression à la baisse sur les cotations malgré les perturbations ukrainiennes sur les approvisionnements russes.
La trajectoire future des cotations du brut dépend largement de la durabilité de la récente force du dollar et de la résurgence éventuelle des tensions géopolitiques après la conclusion des négociations à Istanbul. La patience du marché sera mise à l’épreuve jusqu’au premier trimestre 2026, alors que l’OPEP+ maintiendra sa pause de production et que les investisseurs attendront des signaux plus clairs sur l’inflation et les taux d’intérêt, qui détermineront en fin de compte la trajectoire du dollar. Pour l’instant, la combinaison structurelle d’une offre abondante de brut et d’un dollar fort a submergé toutes les autres considérations, suggérant que la patience reste la position prudente jusqu’à l’émergence de catalyseurs plus définitifs.
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La force du dollar met à l'épreuve la patience du marché face à la fluctuation des cours du pétrole
La récente chute des cours du pétrole brut révèle la force redoutable des vents contraires macroéconomiques qui submergent le marché de l’énergie. Les contrats à terme sur le WTI de mars ont chuté de 4,71 %, tandis que les contrats RBOB d’essence ont reculé de 4,68 %, alors que les investisseurs doivent faire face à deux forces contradictoires : une appréciation du dollar américain et un apaisement inattendu des tensions géopolitiques. La patience du marché est mise à rude épreuve alors que plusieurs pressions sur l’offre et la demande convergent simultanément, créant un environnement où les catalyseurs haussiers traditionnels ont perdu de leur puissance.
Lorsque la force du dollar l’emporte sur la prime de risque géopolitique
L’indice du dollar a atteint un sommet d’une semaine, ce qui a efficacement freiné les cotations du pétrole brut dans l’ensemble. Un dollar plus fort rend l’énergie libellée en dollars plus coûteuse pour les acheteurs internationaux, créant des vents contraires à la demande. Par ailleurs, les démarches diplomatiques du président Trump envers l’Iran, combinées aux signaux du ministère des Affaires étrangères de Téhéran concernant la poursuite de négociations pacifiques, ont considérablement réduit la prime de risque traditionnellement intégrée dans les prix du pétrole. La réunion prochaine annoncée entre l’envoyé américain Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à Istanbul représente le type de désescalade qui remet en question la patience des investisseurs face à la spéculation sur un conflit militaire.
La vigueur du dollar reflète des conditions monétaires plus larges qui impactent inversement les marchés des matières premières. Lorsque le dollar s’apprécie, cela crée une double pression sur les cotations du brut : d’abord par la destruction de la demande pour les importations, puis par un rééquilibrage des portefeuilles, qui se détourne des matières premières au profit d’actifs libellés en devises. Cette relation mécanique s’est révélée plus puissante que l’anxiété géopolitique concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement iranien.
Les pressions sur l’offre s’intensifient malgré l’incertitude géopolitique
Même si les investisseurs maintiennent leur patience en attendant des signaux plus clairs issus des négociations avec l’Iran, le marché mondial du pétrole fait face à une pression croissante due à des augmentations de production inattendues. Les exportations de brut vénézuélien ont bondi à 800 000 barils par jour en janvier — une hausse spectaculaire par rapport à 498 000 b/j en décembre — contredisant les attentes antérieures de contraintes persistantes sur la production vénézuélienne. Cette augmentation de 60 % d’un mois sur l’autre modifie fondamentalement la situation de l’offre et exerce une pression à la baisse sur les cotations du pétrole.
La reprise des exportations vénézuéliennes montre que les effets des sanctions pourraient se dissiper plus rapidement que prévu. Par ailleurs, l’OPEP+ a indiqué son intention de maintenir la hausse de la production, mais à un rythme mesuré qui met à l’épreuve la patience du marché. En novembre 2025, les membres de l’OPEP+ ont approuvé une augmentation supplémentaire de 137 000 b/j pour décembre, avec des plans pour suspendre toute nouvelle hausse jusqu’au premier trimestre 2026. Cependant, l’OPEP+ doit encore restaurer 1,2 million de b/j sur les 2,2 millions de b/j de réduction de production mises en œuvre début 2024 — un processus pluriannuel nécessitant une patience considérable de la part des États membres alors qu’ils naviguent dans un contexte de cotations mondiales du brut en baisse.
Les cotations du brut confrontées à des vents contraires structurels liés à la dynamique de la chaîne d’approvisionnement
L’Agence Internationale de l’Énergie a révisé à la hausse ses prévisions de surplus mondial de brut pour 2026, passant à 3,7 millions de b/j — une augmentation par rapport à l’estimation de 3,815 millions de b/j du mois précédent — signalant un renforcement des conditions de surapprovisionnement. Ce changement structurel pèse lourdement sur les cotations du pétrole et renforce la nécessité pour le marché de faire preuve de patience à mesure que la capacité de production se met en place progressivement.
Notamment, la campagne coordonnée de l’Ukraine contre les infrastructures énergétiques russes illustre la puissance de la guerre économique asymétrique. Au cours des cinq derniers mois, les forces ukrainiennes ont ciblé au moins 28 raffineries russes par des frappes de drones et de missiles, tout en intensifiant leurs attaques contre les pétroliers russes en mer Baltique. Cependant, ces perturbations — qui auraient historiquement soutenu les cotations du pétrole — sont submergées par des pressions plus larges sur l’offre. De nouvelles sanctions américaines et européennes contre les compagnies énergétiques russes ajoutent des restrictions supplémentaires, mais l’offre mondiale de pétrole reste suffisamment abondante pour absorber ces contraintes.
Les données de l’Energy Information Administration révèlent des signaux mixtes sur les stocks : les stocks américains de brut restent inférieurs de 2,9 % à la moyenne saisonnière sur cinq ans, ce qui suggère une demande sous-jacente solide, tandis que les stocks d’essence se négocient à 4,1 % au-dessus de la moyenne, indiquant une faiblesse potentielle de la consommation. La production américaine de brut a légèrement diminué de 0,3 % semaine après semaine, pour atteindre 13,696 millions de b/j, légèrement en dessous du record de novembre 2024 de 13,862 millions de b/j. Le nombre d’outils de forage actifs aux États-Unis est resté stable à 411, ayant à peine récupéré du creux de 406 outils enregistré en décembre, ce qui reflète la patience de l’industrie à engager de nouveaux capitaux dans un contexte de cotations molles du brut.
Perspectives du marché : la patience sera-t-elle récompensée ou mise à l’épreuve davantage ?
L’environnement actuel met à l’épreuve la patience des traders comme des producteurs, alors que plusieurs forces poussent les cotations du pétrole brut dans des directions contradictoires. La force du dollar continue de constituer un vent mécanique défavorable, tandis que l’amélioration des relations avec l’Iran réduit la prime de risque tail — qui soutenait auparavant les prix. Par ailleurs, un léger surplus d’offre émerge des augmentations vénézuéliennes et de la prudence dans la restauration de la production par l’OPEP+, exerçant une pression à la baisse sur les cotations malgré les perturbations ukrainiennes sur les approvisionnements russes.
La trajectoire future des cotations du brut dépend largement de la durabilité de la récente force du dollar et de la résurgence éventuelle des tensions géopolitiques après la conclusion des négociations à Istanbul. La patience du marché sera mise à l’épreuve jusqu’au premier trimestre 2026, alors que l’OPEP+ maintiendra sa pause de production et que les investisseurs attendront des signaux plus clairs sur l’inflation et les taux d’intérêt, qui détermineront en fin de compte la trajectoire du dollar. Pour l’instant, la combinaison structurelle d’une offre abondante de brut et d’un dollar fort a submergé toutes les autres considérations, suggérant que la patience reste la position prudente jusqu’à l’émergence de catalyseurs plus définitifs.