## Stablecoins et systèmes d'authentification deviennent de véritables avantages concurrentiels pour les banques numériques
Autrefois, les indicateurs de succès des banques numériques étaient simples : nombre d'utilisateurs et frais de transaction. Mais cette époque est révolue. Aujourd'hui, la véritable compétition entre banques numériques de premier plan ne consiste pas à avoir plus d'utilisateurs, mais à construire des moteurs de revenus plus puissants.
### Pourquoi le "nombre d'utilisateurs" traditionnel n'est plus un facteur déterminant
Regardez quelques-unes des banques numériques leaders dans le monde pour comprendre cette évolution. Pourquoi la valorisation de Revolut dépasse-t-elle celle de Nubank, qui compte beaucoup plus d'utilisateurs ? La réponse est simple : des modèles de monétisation différents.
Revolut touche à plusieurs sources de revenus : change, trading d'actions, gestion de patrimoine et services d'abonnement premium, chaque utilisateur pouvant générer une valeur bien supérieure à un modèle unique. En revanche, l'expansion de Nubank repose principalement sur le crédit et les intérêts, avec une croissance relativement unidirectionnelle. WeBank a choisi une autre voie : croissance par contrôle extrême des coûts et intégration profonde dans l'écosystème Tencent.
Ces différences révèlent une vérité fondamentale : **le nombre d'utilisateurs n'est plus le seul critère d'évaluation, mais la contribution de chaque utilisateur aux revenus**. Cette logique s'applique également dans le domaine de la cryptographie, voire de manière encore plus marquée.
### Qui gagne réellement dans la compétition des stablecoins
Dans la nouvelle ère des banques numériques cryptographiques, un phénomène inattendu apparaît : **"portefeuilles + cartes bancaires" ne constituent plus une barrière à la concurrence**. Toute organisation peut facilement copier cette combinaison. La véritable différence réside dans **le choix de la voie pour monétiser**.
Certaines plateformes gagnent de l'argent grâce aux intérêts sur le solde des comptes utilisateurs ; d'autres tirent profit du volume de transactions en stablecoins ; et les plus astucieuses ont repéré une opportunité encore plus profonde — en émettant et en gérant directement des stablecoins pour obtenir des revenus stables et prévisibles.
Cela explique pourquoi la compétition autour des stablecoins devient de plus en plus intense. Pour les stablecoins soutenus par des réserves, quelle est la principale source de revenus ? Les intérêts générés par l'investissement de ces réserves — généralement des obligations d'État à court terme ou des équivalents de trésorerie. Ces fonds ne vont pas à la banque numérique qui fournit le stablecoin, mais à l'institution qui détient réellement ces réserves.
Un phénomène classique d'**séparation des droits aux revenus** apparaît ici : les applications côté consommation, responsables de l'acquisition d'utilisateurs, de l'optimisation des produits et de la construction de la confiance, ne peuvent souvent pas tirer profit directement des réserves sous-jacentes. C'est précisément cette lacune de valeur qui pousse des entreprises comme Stripe et Circle à se développer en profondeur.
Stripe a lancé sa propre blockchain, Tempo, conçue pour des transferts de stablecoins à faible coût et instantanés. Plutôt que de dépendre de blockchains publiques comme Ethereum ou Solana, Stripe a créé ses propres canaux de transaction pour contrôler le processus de règlement, la tarification des frais et le débit des transactions — **ce qui lui permet de capter directement tous les bénéfices économiques de ces processus**.
Circle adopte une stratégie similaire : la création du réseau Arc comme couche de règlement exclusive pour l’USDC. Grâce à Arc, les transferts USDC entre institutions peuvent être effectués en temps réel, sans congestion sur la blockchain ou frais élevés. En substance, Circle a construit un système backend indépendant pour l’USDC, ne dépendant plus de l’infrastructure externe.
### La protection de la vie privée favorise la construction de réseaux propriétaires au niveau de l’infrastructure
Outre la rentabilité, un autre facteur pousse cette transformation : **la vie privée**.
Les blockchains publiques enregistrent chaque transfert de stablecoin sur un registre transparent. Idéal pour un système financier ouvert, mais problématique dans des scénarios commerciaux comme la paie, les transactions avec des fournisseurs ou la gestion d’actifs. La confidentialité des montants, des parties et des modes de paiement est essentielle, car la transparence extrême des blockchains permettrait à des concurrents de reconstituer facilement la situation financière interne d’une entreprise via des explorateurs de blockchain et des outils d’analyse.
Le réseau Arc permet aux transferts USDC entre institutions d’être réglés hors chaîne, conservant ainsi l’avantage d’un règlement rapide et stable tout en garantissant la confidentialité des informations — une nécessité très concrète.
### La stablecoin bouleverse la logique fondamentale des systèmes de paiement
Le processus de paiement traditionnel implique trop d’intermédiaires : la passerelle de paiement collecte les fonds, le processeur de paiement effectue le routage, l’organisation de cartes approuve la transaction, et les banques des deux côtés finalisent le règlement. Chaque étape engendre des coûts et des délais.
Les stablecoins contournent directement tous ces intermédiaires. Les transferts en stablecoins ne dépendent pas des réseaux de cartes, n’attendent pas les fenêtres de règlement en lot, et peuvent être effectués via des transferts point à point sur le réseau sous-jacent.
L’impact sur les banques numériques est profond : **il modifie les attentes des utilisateurs**. Lorsqu’ils expérimentent la possibilité de transferts instantanés sur d’autres plateformes, ils ne toléreront plus les processus lents et coûteux en interne. Les banques numériques devront soit intégrer profondément les canaux de transaction en stablecoins, soit risquer d’être marginalisées.
Cela redéfinit aussi le modèle commercial des banques numériques. Autrefois, elles pouvaient compter sur des frais issus des transactions par carte, car les réseaux de paiement contrôlaient strictement le flux de transactions. Mais dans ce nouveau système piloté par les stablecoins, la marge est fortement comprimée : les transferts en stablecoins de point à point sont souvent gratuits, et les banques qui ne vivent que de revenus liés à la consommation par carte font face à une concurrence sans frais.
Quelle en est la conséquence ? **Les banques numériques doivent passer d’un rôle d’émetteur de cartes à celui de couche de routage des paiements**. Elles doivent devenir des nœuds centraux dans le flux de transactions en stablecoins, de façon à ce que chaque transfert effectué par un utilisateur fasse de cette plateforme le choix par défaut — une fois la habitude prise, il sera difficile pour l’utilisateur de migrer vers une autre plateforme.
### La validation d’identité passe du backend au frontend
Parallèlement, un autre changement tout aussi important se produit discrètement : **l’authentification devient le nouveau vecteur de comptes**.
Dans la finance traditionnelle, la vérification d’identité est une étape indépendante : la banque collecte des documents, stocke des informations, réalise des vérifications de fond, et une fois terminée, l’identité est validée.
Mais dans l’écosystème des portefeuilles à transferts instantanés, chaque transaction dépend d’un système d’authentification fiable — sans lui, la conformité, la lutte contre la fraude, voire la gestion des permissions de base, ne peuvent pas fonctionner. Cela conduit à une fusion rapide entre authentification et paiement.
Le marché évolue d’un processus KYC dispersé entre plusieurs plateformes vers un **système d’authentification portable, utilisable à travers différentes plateformes, pays et services**.
L’Union européenne montre le futur en la matière. Le portefeuille d’identité numérique de l’UE est en phase de déploiement. L’UE n’exige pas que chaque banque ou application réalise sa propre vérification, mais a créé un portefeuille d’identité unifié soutenu par le gouvernement, accessible à tous les résidents et entreprises. Ce portefeuille ne stocke pas seulement des informations d’identité, mais porte aussi plusieurs attestations vérifiées (âge, résidence, permis de conduire, informations fiscales, etc.), supporte la signature électronique, et intègre des fonctionnalités de paiement.
Les utilisateurs peuvent réaliser une vérification d’identité, partager des informations à la demande, effectuer des paiements — tout cela dans un processus fluide et intégré de bout en bout.
Si le portefeuille d’identité numérique de l’UE voit le jour avec succès, il transformera en profondeur l’architecture bancaire européenne : **l’authentification deviendra la principale porte d’entrée aux services financiers, remplaçant le compte bancaire**. L’authentification d’identité deviendra un service public, et la frontière entre banques traditionnelles et banques numériques s’effacera — sauf si ces dernières peuvent bâtir des services à valeur ajoutée sur cette identité fiable.
L’industrie cryptographique évolue aussi dans cette direction. L’authentification d’identité on-chain est encore en phase d’expérimentation, sans solution parfaite à ce jour, mais toutes les tentatives convergent vers un même objectif : **donner aux utilisateurs un moyen autonome de vérifier leur identité, sans être enfermés dans une plateforme unique**.
Parmi les exemples typiques :
- **Worldcoin** : construit un système mondial de vérification d’identité, tout en respectant la vie privée des utilisateurs - **Gitcoin Passport** : intègre plusieurs attestations de réputation et de vérification, pour réduire le risque d’attaques Sybil lors des votes de gouvernance et des distributions de récompenses - **Polygon ID, zkPass et cadres de preuve à divulgation zéro** : permettent aux utilisateurs de prouver certains faits sans révéler les données sous-jacentes - **ENS (Ethereum Name Service) + attestations hors chaîne** : permettent non seulement d’afficher le solde d’un portefeuille crypto, mais aussi de relier l’identité sociale et les attributs de vérification de l’utilisateur
L’objectif commun de ces projets est clair : **donner aux utilisateurs la propriété autonome de leurs attestations d’identité, qu’ils peuvent transporter librement entre différentes applications, sans devoir répéter la vérification**. Cela s’aligne parfaitement avec la vision du portefeuille d’identité numérique de l’UE.
Ce changement va aussi transformer le fonctionnement des banques numériques. Aujourd’hui, elles considèrent la vérification d’identité comme un mécanisme de contrôle principal : inscription des utilisateurs, régulation de la plateforme, puis création de comptes sous leur responsabilité. Mais lorsque la vérification d’identité devient un justificatif que l’utilisateur peut porter lui-même, le rôle des banques numériques évoluera vers celui de **fournisseur de services connectés à ce système d’identité fiable**.
Cela accélérera la vitesse d’inscription, réduira les coûts de conformité, limitera la duplication des vérifications, et à terme, **les portefeuilles cryptographiques remplaceront progressivement les comptes bancaires comme principaux conteneurs d’actifs et d’identité**.
### L’avenir des banques numériques : trois modèles de compétition
En résumé, les éléments de compétition qui faisaient autrefois la force des banques numériques s’effacent un à un : **le nombre d’utilisateurs n’est plus une barrière, la carte bancaire n’est plus une barrière, et même une interface utilisateur fluide ne constitue plus un avantage compétitif**.
Les véritables barrières concurrentielles se situent désormais à trois niveaux : 1. Les produits rentables choisis par la banque numérique 2. Les canaux de transfert de fonds utilisés 3. Les systèmes d’authentification liés
Toutes les autres fonctionnalités tendent à l’homogénéité, avec une substituabilité croissante.
Les banques numériques qui réussiront à l’avenir ne seront pas de simples versions allégées de banques traditionnelles, mais des **systèmes financiers axés sur le portefeuille**. Elles ont besoin d’un moteur de profit principal qui détermine directement leur rentabilité et leur compétitivité.
Ces moteurs de profit clés peuvent être classés en trois catégories :
**Première catégorie : banques numériques à profit par intérêts**
Leur avantage concurrentiel réside dans leur capacité à devenir la principale plateforme de détention de stablecoins par les utilisateurs. En attirant un grand volume de soldes, elles peuvent tirer profit des intérêts sur les stablecoins en réserve, des récompenses en chaîne, du staking et du re-staking, sans nécessiter une énorme base d’utilisateurs. Leur force réside dans la rentabilité des actifs détenus, supérieure à celle de leur circulation. En apparence, ce sont des applications orientées consommateurs, mais en réalité, ce sont des plateformes d’épargne modernes sous une interface portefeuille, avec un avantage concurrentiel dans l’offre d’une expérience de détention et de rendement fluide.
**Deuxième catégorie : banques numériques axées sur le flux de paiements**
Leur valeur repose sur le volume de transactions. Elles deviennent la principale plateforme pour que les utilisateurs effectuent des transactions en stablecoins, en intégrant profondément le traitement des paiements, les commerçants, l’échange fiat-crypto, et les paiements transfrontaliers. Leur modèle de profit est similaire à celui des géants mondiaux du paiement : chaque transaction génère peu de revenus, mais si elles deviennent le canal de transfert par défaut des utilisateurs, le volume cumulé peut générer des revenus importants. Leur avantage concurrentiel repose sur la fidélité des utilisateurs et la fiabilité du service, faisant d’elles l’outil de transfert préféré.
**Troisième catégorie : banques numériques axées sur l’infrastructure des stablecoins**
C’est la voie la plus profonde, et peut-être la plus lucrative. Ces plateformes ne se contentent pas d’être des canaux de circulation pour les stablecoins, elles cherchent à contrôler l’émission des stablecoins et même l’infrastructure sous-jacente, couvrant l’émission, le rachat, la gestion des réserves et le règlement. Ce domaine offre le plus grand potentiel de profit, car le contrôle des réserves détermine directement la répartition des revenus. Ces banques numériques combinent des fonctionnalités côté consommation et des ambitions infrastructurelles, évoluant vers un réseau financier complet plutôt qu’un simple produit.
En résumé : **les banques à profit par intérêts gagnent de l’argent sur les dépôts, celles axées sur le flux de paiements sur les transferts des utilisateurs, et celles axées sur l’infrastructure peuvent générer des revenus à partir de toutes les opérations des utilisateurs**.
À l’avenir, le marché pourrait se diviser en deux camps : le premier, des plateformes orientées utilisateur, intégrant principalement l’infrastructure existante, avec des produits simples et à faible coût de conversion ; le second, se concentrant sur la consolidation de la valeur fondamentale, en se spécialisant dans l’émission de stablecoins, le routage des transactions, le règlement et l’intégration de l’authentification. La seconde ne sera plus seulement une application, mais un **fournisseur de services d’infrastructure**, tout en conservant une forte fidélité utilisateur, et en devenant discrètement le système central de transfert de fonds sur la blockchain.
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## Stablecoins et systèmes d'authentification deviennent de véritables avantages concurrentiels pour les banques numériques
Autrefois, les indicateurs de succès des banques numériques étaient simples : nombre d'utilisateurs et frais de transaction. Mais cette époque est révolue. Aujourd'hui, la véritable compétition entre banques numériques de premier plan ne consiste pas à avoir plus d'utilisateurs, mais à construire des moteurs de revenus plus puissants.
### Pourquoi le "nombre d'utilisateurs" traditionnel n'est plus un facteur déterminant
Regardez quelques-unes des banques numériques leaders dans le monde pour comprendre cette évolution. Pourquoi la valorisation de Revolut dépasse-t-elle celle de Nubank, qui compte beaucoup plus d'utilisateurs ? La réponse est simple : des modèles de monétisation différents.
Revolut touche à plusieurs sources de revenus : change, trading d'actions, gestion de patrimoine et services d'abonnement premium, chaque utilisateur pouvant générer une valeur bien supérieure à un modèle unique. En revanche, l'expansion de Nubank repose principalement sur le crédit et les intérêts, avec une croissance relativement unidirectionnelle. WeBank a choisi une autre voie : croissance par contrôle extrême des coûts et intégration profonde dans l'écosystème Tencent.
Ces différences révèlent une vérité fondamentale : **le nombre d'utilisateurs n'est plus le seul critère d'évaluation, mais la contribution de chaque utilisateur aux revenus**. Cette logique s'applique également dans le domaine de la cryptographie, voire de manière encore plus marquée.
### Qui gagne réellement dans la compétition des stablecoins
Dans la nouvelle ère des banques numériques cryptographiques, un phénomène inattendu apparaît : **"portefeuilles + cartes bancaires" ne constituent plus une barrière à la concurrence**. Toute organisation peut facilement copier cette combinaison. La véritable différence réside dans **le choix de la voie pour monétiser**.
Certaines plateformes gagnent de l'argent grâce aux intérêts sur le solde des comptes utilisateurs ; d'autres tirent profit du volume de transactions en stablecoins ; et les plus astucieuses ont repéré une opportunité encore plus profonde — en émettant et en gérant directement des stablecoins pour obtenir des revenus stables et prévisibles.
Cela explique pourquoi la compétition autour des stablecoins devient de plus en plus intense. Pour les stablecoins soutenus par des réserves, quelle est la principale source de revenus ? Les intérêts générés par l'investissement de ces réserves — généralement des obligations d'État à court terme ou des équivalents de trésorerie. Ces fonds ne vont pas à la banque numérique qui fournit le stablecoin, mais à l'institution qui détient réellement ces réserves.
Un phénomène classique d'**séparation des droits aux revenus** apparaît ici : les applications côté consommation, responsables de l'acquisition d'utilisateurs, de l'optimisation des produits et de la construction de la confiance, ne peuvent souvent pas tirer profit directement des réserves sous-jacentes. C'est précisément cette lacune de valeur qui pousse des entreprises comme Stripe et Circle à se développer en profondeur.
Stripe a lancé sa propre blockchain, Tempo, conçue pour des transferts de stablecoins à faible coût et instantanés. Plutôt que de dépendre de blockchains publiques comme Ethereum ou Solana, Stripe a créé ses propres canaux de transaction pour contrôler le processus de règlement, la tarification des frais et le débit des transactions — **ce qui lui permet de capter directement tous les bénéfices économiques de ces processus**.
Circle adopte une stratégie similaire : la création du réseau Arc comme couche de règlement exclusive pour l’USDC. Grâce à Arc, les transferts USDC entre institutions peuvent être effectués en temps réel, sans congestion sur la blockchain ou frais élevés. En substance, Circle a construit un système backend indépendant pour l’USDC, ne dépendant plus de l’infrastructure externe.
### La protection de la vie privée favorise la construction de réseaux propriétaires au niveau de l’infrastructure
Outre la rentabilité, un autre facteur pousse cette transformation : **la vie privée**.
Les blockchains publiques enregistrent chaque transfert de stablecoin sur un registre transparent. Idéal pour un système financier ouvert, mais problématique dans des scénarios commerciaux comme la paie, les transactions avec des fournisseurs ou la gestion d’actifs. La confidentialité des montants, des parties et des modes de paiement est essentielle, car la transparence extrême des blockchains permettrait à des concurrents de reconstituer facilement la situation financière interne d’une entreprise via des explorateurs de blockchain et des outils d’analyse.
Le réseau Arc permet aux transferts USDC entre institutions d’être réglés hors chaîne, conservant ainsi l’avantage d’un règlement rapide et stable tout en garantissant la confidentialité des informations — une nécessité très concrète.
### La stablecoin bouleverse la logique fondamentale des systèmes de paiement
Le processus de paiement traditionnel implique trop d’intermédiaires : la passerelle de paiement collecte les fonds, le processeur de paiement effectue le routage, l’organisation de cartes approuve la transaction, et les banques des deux côtés finalisent le règlement. Chaque étape engendre des coûts et des délais.
Les stablecoins contournent directement tous ces intermédiaires. Les transferts en stablecoins ne dépendent pas des réseaux de cartes, n’attendent pas les fenêtres de règlement en lot, et peuvent être effectués via des transferts point à point sur le réseau sous-jacent.
L’impact sur les banques numériques est profond : **il modifie les attentes des utilisateurs**. Lorsqu’ils expérimentent la possibilité de transferts instantanés sur d’autres plateformes, ils ne toléreront plus les processus lents et coûteux en interne. Les banques numériques devront soit intégrer profondément les canaux de transaction en stablecoins, soit risquer d’être marginalisées.
Cela redéfinit aussi le modèle commercial des banques numériques. Autrefois, elles pouvaient compter sur des frais issus des transactions par carte, car les réseaux de paiement contrôlaient strictement le flux de transactions. Mais dans ce nouveau système piloté par les stablecoins, la marge est fortement comprimée : les transferts en stablecoins de point à point sont souvent gratuits, et les banques qui ne vivent que de revenus liés à la consommation par carte font face à une concurrence sans frais.
Quelle en est la conséquence ? **Les banques numériques doivent passer d’un rôle d’émetteur de cartes à celui de couche de routage des paiements**. Elles doivent devenir des nœuds centraux dans le flux de transactions en stablecoins, de façon à ce que chaque transfert effectué par un utilisateur fasse de cette plateforme le choix par défaut — une fois la habitude prise, il sera difficile pour l’utilisateur de migrer vers une autre plateforme.
### La validation d’identité passe du backend au frontend
Parallèlement, un autre changement tout aussi important se produit discrètement : **l’authentification devient le nouveau vecteur de comptes**.
Dans la finance traditionnelle, la vérification d’identité est une étape indépendante : la banque collecte des documents, stocke des informations, réalise des vérifications de fond, et une fois terminée, l’identité est validée.
Mais dans l’écosystème des portefeuilles à transferts instantanés, chaque transaction dépend d’un système d’authentification fiable — sans lui, la conformité, la lutte contre la fraude, voire la gestion des permissions de base, ne peuvent pas fonctionner. Cela conduit à une fusion rapide entre authentification et paiement.
Le marché évolue d’un processus KYC dispersé entre plusieurs plateformes vers un **système d’authentification portable, utilisable à travers différentes plateformes, pays et services**.
L’Union européenne montre le futur en la matière. Le portefeuille d’identité numérique de l’UE est en phase de déploiement. L’UE n’exige pas que chaque banque ou application réalise sa propre vérification, mais a créé un portefeuille d’identité unifié soutenu par le gouvernement, accessible à tous les résidents et entreprises. Ce portefeuille ne stocke pas seulement des informations d’identité, mais porte aussi plusieurs attestations vérifiées (âge, résidence, permis de conduire, informations fiscales, etc.), supporte la signature électronique, et intègre des fonctionnalités de paiement.
Les utilisateurs peuvent réaliser une vérification d’identité, partager des informations à la demande, effectuer des paiements — tout cela dans un processus fluide et intégré de bout en bout.
Si le portefeuille d’identité numérique de l’UE voit le jour avec succès, il transformera en profondeur l’architecture bancaire européenne : **l’authentification deviendra la principale porte d’entrée aux services financiers, remplaçant le compte bancaire**. L’authentification d’identité deviendra un service public, et la frontière entre banques traditionnelles et banques numériques s’effacera — sauf si ces dernières peuvent bâtir des services à valeur ajoutée sur cette identité fiable.
L’industrie cryptographique évolue aussi dans cette direction. L’authentification d’identité on-chain est encore en phase d’expérimentation, sans solution parfaite à ce jour, mais toutes les tentatives convergent vers un même objectif : **donner aux utilisateurs un moyen autonome de vérifier leur identité, sans être enfermés dans une plateforme unique**.
Parmi les exemples typiques :
- **Worldcoin** : construit un système mondial de vérification d’identité, tout en respectant la vie privée des utilisateurs
- **Gitcoin Passport** : intègre plusieurs attestations de réputation et de vérification, pour réduire le risque d’attaques Sybil lors des votes de gouvernance et des distributions de récompenses
- **Polygon ID, zkPass et cadres de preuve à divulgation zéro** : permettent aux utilisateurs de prouver certains faits sans révéler les données sous-jacentes
- **ENS (Ethereum Name Service) + attestations hors chaîne** : permettent non seulement d’afficher le solde d’un portefeuille crypto, mais aussi de relier l’identité sociale et les attributs de vérification de l’utilisateur
L’objectif commun de ces projets est clair : **donner aux utilisateurs la propriété autonome de leurs attestations d’identité, qu’ils peuvent transporter librement entre différentes applications, sans devoir répéter la vérification**. Cela s’aligne parfaitement avec la vision du portefeuille d’identité numérique de l’UE.
Ce changement va aussi transformer le fonctionnement des banques numériques. Aujourd’hui, elles considèrent la vérification d’identité comme un mécanisme de contrôle principal : inscription des utilisateurs, régulation de la plateforme, puis création de comptes sous leur responsabilité. Mais lorsque la vérification d’identité devient un justificatif que l’utilisateur peut porter lui-même, le rôle des banques numériques évoluera vers celui de **fournisseur de services connectés à ce système d’identité fiable**.
Cela accélérera la vitesse d’inscription, réduira les coûts de conformité, limitera la duplication des vérifications, et à terme, **les portefeuilles cryptographiques remplaceront progressivement les comptes bancaires comme principaux conteneurs d’actifs et d’identité**.
### L’avenir des banques numériques : trois modèles de compétition
En résumé, les éléments de compétition qui faisaient autrefois la force des banques numériques s’effacent un à un : **le nombre d’utilisateurs n’est plus une barrière, la carte bancaire n’est plus une barrière, et même une interface utilisateur fluide ne constitue plus un avantage compétitif**.
Les véritables barrières concurrentielles se situent désormais à trois niveaux :
1. Les produits rentables choisis par la banque numérique
2. Les canaux de transfert de fonds utilisés
3. Les systèmes d’authentification liés
Toutes les autres fonctionnalités tendent à l’homogénéité, avec une substituabilité croissante.
Les banques numériques qui réussiront à l’avenir ne seront pas de simples versions allégées de banques traditionnelles, mais des **systèmes financiers axés sur le portefeuille**. Elles ont besoin d’un moteur de profit principal qui détermine directement leur rentabilité et leur compétitivité.
Ces moteurs de profit clés peuvent être classés en trois catégories :
**Première catégorie : banques numériques à profit par intérêts**
Leur avantage concurrentiel réside dans leur capacité à devenir la principale plateforme de détention de stablecoins par les utilisateurs. En attirant un grand volume de soldes, elles peuvent tirer profit des intérêts sur les stablecoins en réserve, des récompenses en chaîne, du staking et du re-staking, sans nécessiter une énorme base d’utilisateurs. Leur force réside dans la rentabilité des actifs détenus, supérieure à celle de leur circulation. En apparence, ce sont des applications orientées consommateurs, mais en réalité, ce sont des plateformes d’épargne modernes sous une interface portefeuille, avec un avantage concurrentiel dans l’offre d’une expérience de détention et de rendement fluide.
**Deuxième catégorie : banques numériques axées sur le flux de paiements**
Leur valeur repose sur le volume de transactions. Elles deviennent la principale plateforme pour que les utilisateurs effectuent des transactions en stablecoins, en intégrant profondément le traitement des paiements, les commerçants, l’échange fiat-crypto, et les paiements transfrontaliers. Leur modèle de profit est similaire à celui des géants mondiaux du paiement : chaque transaction génère peu de revenus, mais si elles deviennent le canal de transfert par défaut des utilisateurs, le volume cumulé peut générer des revenus importants. Leur avantage concurrentiel repose sur la fidélité des utilisateurs et la fiabilité du service, faisant d’elles l’outil de transfert préféré.
**Troisième catégorie : banques numériques axées sur l’infrastructure des stablecoins**
C’est la voie la plus profonde, et peut-être la plus lucrative. Ces plateformes ne se contentent pas d’être des canaux de circulation pour les stablecoins, elles cherchent à contrôler l’émission des stablecoins et même l’infrastructure sous-jacente, couvrant l’émission, le rachat, la gestion des réserves et le règlement. Ce domaine offre le plus grand potentiel de profit, car le contrôle des réserves détermine directement la répartition des revenus. Ces banques numériques combinent des fonctionnalités côté consommation et des ambitions infrastructurelles, évoluant vers un réseau financier complet plutôt qu’un simple produit.
En résumé : **les banques à profit par intérêts gagnent de l’argent sur les dépôts, celles axées sur le flux de paiements sur les transferts des utilisateurs, et celles axées sur l’infrastructure peuvent générer des revenus à partir de toutes les opérations des utilisateurs**.
À l’avenir, le marché pourrait se diviser en deux camps : le premier, des plateformes orientées utilisateur, intégrant principalement l’infrastructure existante, avec des produits simples et à faible coût de conversion ; le second, se concentrant sur la consolidation de la valeur fondamentale, en se spécialisant dans l’émission de stablecoins, le routage des transactions, le règlement et l’intégration de l’authentification. La seconde ne sera plus seulement une application, mais un **fournisseur de services d’infrastructure**, tout en conservant une forte fidélité utilisateur, et en devenant discrètement le système central de transfert de fonds sur la blockchain.