Regardant la situation de l’Iran ces derniers temps, beaucoup ne peuvent s’empêcher de secouer la tête avec désolation. Un pays qui détenait autrefois la « carte maîtresse » du pétrole, avec des partenaires d’achat stables, mais qui en quelques années s’est lui-même précipité dans une crise totale :
économie en déclin, dévaluation de la monnaie, vie quotidienne des citoyens en chute libre, protestations généralisées. En apparence, on pourrait blâmer les sanctions, mais en y regardant de plus près, il s’agit du résultat d’une série de décisions erronées systémiques.
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Ambition Excessive : Vouloir « Se Défaire de la Chine » Mais Se Casser la Gueule Tout Seul
Pendant de nombreuses années, la Chine a été le plus grand client de pétrole, presque le « bouée de sauvetage » de l’Iran. Environ 90 % des exportations de pétrole de l’Iran étaient vendues à la Chine, majoritairement payées en yuan et en euro, permettant à l’Iran d’éviter le système financier contrôlé par les États-Unis.
C’était censé être une voie de survie stable. Mais l’Iran pensait que vendre à la Chine « ne rapportait pas assez », voulait augmenter les prix et réduire sa dépendance à un seul acheteur. L’idée semblait raisonnable, mais en réalité, elle était extrêmement naïve.
L’Inde promettait d’acheter du pétrole, mais ce n’était que des paroles en négociation, sans contrat concret. D’autres pays craignaient les sanctions américaines, et évitaient de toucher au pétrole iranien. Résultat : le pétrole en stock au large, invendable ; la production d’exportation chute fortement, et les revenus en devises étrangères s’effondrent.
La leçon ici est claire : lorsque vous êtes encerclés, avoir un gros client prêt à acheter est déjà une chance. Vouloir dépendre de lui pour vivre, tout en jouant la carte de la hausse des prix, ne fait que faire tourner le dos des deux côtés.
Crise Interne : La Monnaie S’effondre, l’Inflation Explose, la Population N’a Plus Rien à Perdre
Si l’exportation de pétrole est la principale source de financement du gouvernement, alors la monnaie locale est la mesure de la confiance des citoyens. Et à ce niveau, l’Iran a échoué lourdement.
Le rial a perdu plus de 90 % de sa valeur en une décennie. Sur le marché noir, 1 USD peut échanger contre des centaines de milliers de rials. Les économies des citoyens ont disparu en quelques années. Les prix des denrées alimentaires, du logement, de l’énergie ont explosé, dépassant largement les revenus.
Fin d’année, de nombreux petits commerçants à Téhéran ferment boutique et descendent dans la rue pour protester. La chose la plus effrayante pour le gouvernement n’est pas la protestation pour « un morceau de pain », mais lorsque le slogan change de « nous devons vivre » à « nous devons être libres ».
Et la réaction du gouvernement ? Changement de personnel, démission du gouverneur de la banque centrale, puis retour d’une vieille figure – déjà déchue pour ses politiques monétaires ratées.
Ce n’est pas une réforme, mais simplement un changement de fauteuil pour une même mentalité.
Sanctions : La Mèche, mais la Racine est l’Auto-Destruction
Il est indéniable que le rôle des sanctions américaines est crucial : limiter les exportations de pétrole, exclure l’Iran du système de paiement international. Mais si seules les sanctions existaient et que l’intérieur était sain, de nombreux pays pourraient encore résister et s’adapter. L’Iran, non, car les problèmes sont plus profonds :
Une structure économique déformée : le budget de l’État dépend à environ 80 % du pétrole. L’industrie manufacturière et l’agriculture sont faibles, incapables de soutenir l’économie en cas de problème avec le pétrole.
Les groupes d’intérêts et la corruption : la Garde révolutionnaire contrôle plusieurs secteurs lucratifs comme le pétrole, les télécommunications, la construction. Les profits vont dans les poches d’une petite élite, sans revenir à la société.
Priorités erronées : alors que la population lutte pour sa survie, le gouvernement dépense massivement pour des jeux géopolitiques et des forces extérieures à la frontière.
Les sanctions sont comme une grosse pluie. Ceux qui ont un toit solide sont juste mouillés aux pieds, ceux qui ont déjà des fuites dans leur maison voient tout s’effondrer.
La Chine Peut-elle Encore Intervenir pour Sauver ?
Dans le contexte actuel, la capacité de la Chine à continuer de « soutenir » l’Iran est très limitée.
Risque politique élevé : division profonde au sein de l’Iran, risque d’instabilité prolongée rendant tout investissement à long terme risqué.
Offre de remplacement abondante : la Russie vend du pétrole à bas prix, le Moyen-Orient avec l’Arabie Saoudite et l’Irak offre une source plus stable.
Crédibilité de la coopération en baisse : les accords à long terme, autrefois largement promus, manquent de mise en œuvre, érodant la confiance des partenaires.
La stratégie extérieure de la Chine privilégie toujours la « stabilité ». Un partenaire en désordre, avec des politiques changeantes, est difficile à soutenir sur le long terme.
Conclusion
La crise de l’Iran n’est pas une catastrophe tombée du ciel, mais le résultat d’ambitions démesurées, d’une mauvaise gestion et d’une vision à court terme. Lorsque l’économie est étouffée, la monnaie dévalue, la confiance des citoyens s’épuise, les sanctions ne sont que la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
L’Iran se trouve face à deux choix :
Soit une réforme véritable, accepter « une douleur une fois » pour restructurer l’économie et la politique.
Soit continuer à faire des réparations temporaires, blâmer l’extérieur, et attendre des bouleversements plus importants.
Dans la géopolitique comme dans l’investissement, une erreur peut se corriger, mais une série d’erreurs coûte très cher.
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