## Les turbulences des marchés financiers mondiaux : la logique profonde derrière la forte chute des marchés américains et les stratégies d’adaptation
Le marché boursier américain, en tant qu’indicateur de la finance mondiale, voit chacune de ses grandes fluctuations provoquer des ondes sur les marchés internationaux. Depuis la Grande Dépression de 1929 jusqu’au krach d’avril 2025 déclenché par la politique tarifaire de Trump, l’histoire met en garde les investisseurs : le marché n’est pas toujours rationnel, et les bulles d’actifs ou les chocs externes sont souvent les déclencheurs d’un effondrement boursier.
## Cas récent de volatilité : la crise tarifaire de 2025
Le récent effondrement du marché américain s’est produit en avril 2025. Le gouvernement Trump a lancé une politique radicale de « tarifs réciproques », imposant une taxe de 10 % à tous les partenaires commerciaux, avec des taxes plus élevées pour les pays en déficit commercial. Cette décision, inattendue, a immédiatement ravivé la crainte d’une rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les données montrent qu’en une seule journée, le Dow Jones a chuté de 5,50 % (soit 2231 points), le S&P 500 a reculé de 5,97 %, et le Nasdaq Composite de 5,82 %. Plus grave encore, en deux jours, les trois principaux indices ont tous perdu plus de 10 %, établissant un record de pertes consécutives depuis la crise sanitaire de 2020.
## Parcours historique : ces moments qui ont changé le marché
En examinant plus d’un siècle d’histoire financière, le marché américain a connu plusieurs grandes baisses, chacune avec ses causes propres, mais suivant des règles de marché similaires.
**La Grande Dépression de 1929 : la tempête parfaite entre bulle de levier et guerre commerciale**
Le Dow Jones a chuté de 89 % en 33 mois, cette catastrophe étant alimentée par une spéculation débridée et un endettement excessif. À l’époque, la valorisation du marché s’était fortement éloignée de la croissance réelle de l’économie. La loi Smoot-Hawley de 1930 a aggravé la situation, provoquant une réaction en chaîne de représailles commerciales mondiales, réduisant brutalement le commerce international. La crise s’est finalement transformée en la Grande Dépression, avec un taux de chômage en flèche, et il a fallu 25 ans pour que le marché retrouve ses niveaux d’avant le krach.
**Lundi noir de 1987 : la défaillance du trading algorithmique**
Le Dow Jones a plongé de 22,6 % en une seule journée, crise déclenchée par le trading algorithmique. La majorité des institutions avaient adopté des stratégies d’« assurance de portefeuille » ; lorsque le marché a chuté brutalement le 19 octobre, de nombreux algorithmes ont simultanément déclenché des ventes, créant un cercle vicieux. La Fed, ayant déjà resserré la liquidité par des hausses de taux, a vu la conjonction de facteurs techniques et politiques provoquer une crise de liquidité généralisée. Heureusement, la Fed a injecté des liquidités à temps, permettant une reprise en deux ans, et cette crise a conduit à la mise en place des mécanismes de circuit breaker.
**La bulle Internet de 2000-2002 : l’éclatement des illusions de valorisation**
La fin des années 1990 a été marquée par une euphorie irrationnelle autour de l’Internet, avec un afflux massif de capitaux vers des entreprises sans modèle rentable. Le Nasdaq, qui culminait à 5133 points, a chuté jusqu’à 1108 points, soit une baisse de 78 %. La politique de hausse rapide des taux de la Fed à partir de fin 1999 a été la dernière étape qui a fait éclater la bulle, nécessitant 15 ans pour que le Nasdaq retrouve ses niveaux antérieurs.
**La crise des subprimes de 2007-2009 : l’effondrement du système financier**
L’éclatement de la bulle immobilière a déclenché la crise des prêts hypothécaires à risque, avec la propagation de risques via des produits dérivés complexes. Le Dow Jones est passé de 14 279 à 6 800 points, soit une chute de 52 %. La confiance du marché s’est effondrée, provoquant une panique financière mondiale, avec un taux de chômage américain atteignant 10 %. La reprise n’a commencé qu’après le sauvetage du marché par le gouvernement en 2013.
**L’impact du COVID-19 en 2020 : un arrêt économique soudain**
L’épidémie a forcé une paralysie mondiale, rompant les chaînes d’approvisionnement et faisant chuter les bénéfices des entreprises. Les trois grands indices ont déclenché plusieurs circuits de suspension en mars, avec une chute du Dow Jones de plus de 30 % à court terme. Cependant, grâce à la politique de relâchement quantitatif rapide de la Fed et aux attentes de relance fiscale, le marché a rebondi vigoureusement, le S&P 500 ayant récupéré toutes ses pertes en seulement six mois, atteignant de nouveaux records historiques.
**Le cycle de hausse des taux de 2022 : la contre-attaque du diable inflationniste**
Face à une inflation record de 9,1 % (CPI), la Fed a lancé une hausse rapide des taux en 2022, augmentant de 425 points de base sur l’année. Le S&P 500 a chuté de 27 %, le Nasdaq de 35 %. La crise énergétique et alimentaire mondiale, exacerbée par la guerre russo-ukrainienne, a intensifié la pression inflationniste. Ce n’est qu’en 2023, lorsque le marché a anticipé la fin du cycle de hausse et la montée en puissance de l’investissement dans l’IA, que les marchés américains ont rebondi fortement, recouvrant toutes leurs pertes.
## Analyse des causes profondes des chutes boursières
En observant ces événements historiques, un schéma clair apparaît : **la collision entre la formation de bulles d’actifs et le changement de politique est souvent la cause inévitable d’un krach**.
L’effet de levier excessif et la valorisation déconnectée des fondamentaux sont des caractéristiques communes des bulles. Que ce soit la frénésie spéculative de 1929, l’illusion Internet de 2000 ou la fièvre immobilière de 2007, le marché poursuit des richesses illusoires. Lorsque la politique se resserre, que les données économiques se détériorent ou que les risques géopolitiques émergent, ces bulles éclatent.
Les chocs externes jouent également un rôle clé. Guerre commerciale, conflits, pandémie, crise énergétique — ces événements servent souvent de détonateurs. La politique tarifaire de Trump en 2025 illustre parfaitement cette dynamique.
## La réaction en chaîne des actifs mondiaux face à la chute des marchés américains
Lorsqu’un grand marché comme celui des États-Unis subit une correction majeure, un « mode refuge » s’enclenche généralement : les capitaux se déplacent vers des actifs plus sûrs.
**L’attraction des obligations comme refuge**
En période de chute boursière, les investisseurs achètent massivement des obligations américaines, notamment des obligations d’État à long terme. La forte demande fait monter leur prix, ce qui fait baisser leurs rendements. Historiquement, que ce soit lors d’un marché haussier ou d’un retournement en marché baissier, les rendements obligataires américains ont tendance à baisser d’environ 45 points de base dans les six mois qui suivent.
Cependant, si la chute est due à une inflation galopante (comme en 2022), la hausse des taux provoque une « double peine » pour actions et obligations. Ce n’est que lorsque le marché craint une transition de l’inflation vers la récession que la fonction de refuge des obligations reprend le dessus.
**L’appréciation du dollar comme mécanisme de sécurité**
Le dollar, monnaie refuge ultime, voit sa demande augmenter en période de panique. Les investisseurs vendent leurs actifs émergents pour acheter du dollar, et lors du désendettement, la demande de remboursement en dollar s’accroît, renforçant la devise.
**La valeur refuge de l’or**
L’or résiste souvent lors des chutes boursières, car il sert de couverture contre l’incertitude. Si la chute s’accompagne d’attentes de baisse des taux, l’or bénéficie d’un double effet positif (demande de sécurité + baisse des taux). En revanche, lors d’un début de hausse des taux, la rentabilité plus élevée limite l’attrait de l’or.
**La demande en matières premières en berne**
Une baisse des marchés indique souvent un ralentissement économique, ce qui réduit la demande en pétrole, cuivre et autres matières premières industrielles. Les prix ont tendance à suivre la même tendance que les marchés boursiers. Toutefois, si la chute est causée par un choc géopolitique (guerre dans un pays producteur), les prix du pétrole peuvent augmenter, créant une situation de « stagflation ».
**Les cryptomonnaies, un actif à haut risque**
Bien que certains y voient une « or numérique », leur comportement est plus proche des actions technologiques ou d’autres actifs à haut risque. Lors d’un krach, les investisseurs vendent souvent leurs cryptos pour renforcer leur cash ou compenser leurs pertes boursières, ce qui entraîne une chute simultanée des actifs numériques.
## Comment la volatilité du marché américain influence le marché taïwanais
Le marché taïwanais est fortement corrélé à celui des États-Unis, via trois principaux canaux.
**L’effet de contagion immédiat**
Le marché américain, en tant qu’indicateur mondial, provoque instantanément une panique globale en cas de chute. Lorsqu’un mouvement de précaution s’installe, les investisseurs vendent simultanément leurs actifs risqués, y compris le marché taïwanais, comme en mars 2020 lors de la pandémie, où la baisse a dépassé 20 %.
**L’impact direct des sorties de capitaux étrangers**
Les investisseurs étrangers jouent un rôle clé à Taïwan. Lors de fortes fluctuations américaines, ils peuvent retirer leurs investissements pour répondre à des besoins de liquidité ou réallouer leurs portefeuilles, exerçant une pression directe sur le marché taïwanais.
**La liaison avec l’économie réelle**
Les États-Unis étant le principal marché d’exportation de Taïwan, une récession américaine réduit directement la demande pour ses produits, notamment dans la technologie et la fabrication. La baisse des bénéfices anticipés se traduit par une chute des cours, comme lors de la crise financière de 2008. En 2022, la hausse des taux de la Fed a aussi provoqué une correction notable du marché taïwanais.
## Analyse des signaux d’alerte pour anticiper le changement de marché
Chaque grande chute du marché américain n’est pas imprévisible. Les investisseurs peuvent détecter des signaux clés pour anticiper le risque :
**Les indicateurs économiques**
PIB, emploi, indice de confiance des consommateurs, résultats des entreprises — ces données sont essentielles pour évaluer la santé économique. Leur dégradation précède souvent la baisse du marché, il faut suivre leur évolution régulièrement.
**Les changements de politique de la Fed**
Une hausse des taux augmente le coût du crédit, freinant consommation et investissement, ce qui pèse sur le marché ; une baisse a l’effet inverse. Les discours du président de la Fed, les minutes des réunions, les déclarations de politique monétaire sont des signaux cruciaux.
**Les risques géopolitiques**
Les conflits internationaux, événements politiques ou changements dans la politique commerciale peuvent déclencher des turbulences. La politique tarifaire de Trump en 2025 en est un exemple : une annonce soudaine peut changer instantanément les anticipations du marché.
**L’indicateur de sentiment des investisseurs**
La confiance et la panique des investisseurs influencent directement la tendance. L’indice de peur, le volume des transactions, le ratio de levier financier sont des indicateurs techniques utiles pour jauger l’état d’esprit du marché.
## Stratégies de protection pour les investisseurs particuliers
Face à la cyclicité du marché américain, il est essentiel d’adopter une gestion active des risques plutôt que d’attendre passivement.
**L’ajustement dynamique de l’allocation d’actifs**
En cas de correction majeure, il peut être judicieux de réduire la part des actions et d’augmenter la détention de liquidités ou d’obligations de qualité. Il ne s’agit pas de fuir le marché, mais de trouver un équilibre entre risque et opportunités.
**L’utilisation prudente des instruments dérivés**
Les investisseurs expérimentés peuvent envisager des options ou autres produits dérivés. La mise en place de stratégies comme la « protection par options de vente » permet de limiter la baisse potentielle de leur portefeuille tout en conservant une certaine flexibilité.
**Le suivi régulier et l’adaptabilité**
Il est conseillé d’établir une liste de surveillance, de suivre régulièrement les indicateurs économiques, politiques et sentimentaux. En cas de signaux d’alerte, ajuster sa stratégie à l’avance plutôt que d’attendre la crise.
L’histoire montre que la volatilité est la norme, pas l’exception. La clé réside dans la capacité de l’investisseur à percevoir les risques à temps, à garder son calme face aux fluctuations, et à travers une gestion scientifique de ses actifs, traverser chaque cycle de marché.
Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
## Les turbulences des marchés financiers mondiaux : la logique profonde derrière la forte chute des marchés américains et les stratégies d’adaptation
Le marché boursier américain, en tant qu’indicateur de la finance mondiale, voit chacune de ses grandes fluctuations provoquer des ondes sur les marchés internationaux. Depuis la Grande Dépression de 1929 jusqu’au krach d’avril 2025 déclenché par la politique tarifaire de Trump, l’histoire met en garde les investisseurs : le marché n’est pas toujours rationnel, et les bulles d’actifs ou les chocs externes sont souvent les déclencheurs d’un effondrement boursier.
## Cas récent de volatilité : la crise tarifaire de 2025
Le récent effondrement du marché américain s’est produit en avril 2025. Le gouvernement Trump a lancé une politique radicale de « tarifs réciproques », imposant une taxe de 10 % à tous les partenaires commerciaux, avec des taxes plus élevées pour les pays en déficit commercial. Cette décision, inattendue, a immédiatement ravivé la crainte d’une rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les données montrent qu’en une seule journée, le Dow Jones a chuté de 5,50 % (soit 2231 points), le S&P 500 a reculé de 5,97 %, et le Nasdaq Composite de 5,82 %. Plus grave encore, en deux jours, les trois principaux indices ont tous perdu plus de 10 %, établissant un record de pertes consécutives depuis la crise sanitaire de 2020.
## Parcours historique : ces moments qui ont changé le marché
En examinant plus d’un siècle d’histoire financière, le marché américain a connu plusieurs grandes baisses, chacune avec ses causes propres, mais suivant des règles de marché similaires.
**La Grande Dépression de 1929 : la tempête parfaite entre bulle de levier et guerre commerciale**
Le Dow Jones a chuté de 89 % en 33 mois, cette catastrophe étant alimentée par une spéculation débridée et un endettement excessif. À l’époque, la valorisation du marché s’était fortement éloignée de la croissance réelle de l’économie. La loi Smoot-Hawley de 1930 a aggravé la situation, provoquant une réaction en chaîne de représailles commerciales mondiales, réduisant brutalement le commerce international. La crise s’est finalement transformée en la Grande Dépression, avec un taux de chômage en flèche, et il a fallu 25 ans pour que le marché retrouve ses niveaux d’avant le krach.
**Lundi noir de 1987 : la défaillance du trading algorithmique**
Le Dow Jones a plongé de 22,6 % en une seule journée, crise déclenchée par le trading algorithmique. La majorité des institutions avaient adopté des stratégies d’« assurance de portefeuille » ; lorsque le marché a chuté brutalement le 19 octobre, de nombreux algorithmes ont simultanément déclenché des ventes, créant un cercle vicieux. La Fed, ayant déjà resserré la liquidité par des hausses de taux, a vu la conjonction de facteurs techniques et politiques provoquer une crise de liquidité généralisée. Heureusement, la Fed a injecté des liquidités à temps, permettant une reprise en deux ans, et cette crise a conduit à la mise en place des mécanismes de circuit breaker.
**La bulle Internet de 2000-2002 : l’éclatement des illusions de valorisation**
La fin des années 1990 a été marquée par une euphorie irrationnelle autour de l’Internet, avec un afflux massif de capitaux vers des entreprises sans modèle rentable. Le Nasdaq, qui culminait à 5133 points, a chuté jusqu’à 1108 points, soit une baisse de 78 %. La politique de hausse rapide des taux de la Fed à partir de fin 1999 a été la dernière étape qui a fait éclater la bulle, nécessitant 15 ans pour que le Nasdaq retrouve ses niveaux antérieurs.
**La crise des subprimes de 2007-2009 : l’effondrement du système financier**
L’éclatement de la bulle immobilière a déclenché la crise des prêts hypothécaires à risque, avec la propagation de risques via des produits dérivés complexes. Le Dow Jones est passé de 14 279 à 6 800 points, soit une chute de 52 %. La confiance du marché s’est effondrée, provoquant une panique financière mondiale, avec un taux de chômage américain atteignant 10 %. La reprise n’a commencé qu’après le sauvetage du marché par le gouvernement en 2013.
**L’impact du COVID-19 en 2020 : un arrêt économique soudain**
L’épidémie a forcé une paralysie mondiale, rompant les chaînes d’approvisionnement et faisant chuter les bénéfices des entreprises. Les trois grands indices ont déclenché plusieurs circuits de suspension en mars, avec une chute du Dow Jones de plus de 30 % à court terme. Cependant, grâce à la politique de relâchement quantitatif rapide de la Fed et aux attentes de relance fiscale, le marché a rebondi vigoureusement, le S&P 500 ayant récupéré toutes ses pertes en seulement six mois, atteignant de nouveaux records historiques.
**Le cycle de hausse des taux de 2022 : la contre-attaque du diable inflationniste**
Face à une inflation record de 9,1 % (CPI), la Fed a lancé une hausse rapide des taux en 2022, augmentant de 425 points de base sur l’année. Le S&P 500 a chuté de 27 %, le Nasdaq de 35 %. La crise énergétique et alimentaire mondiale, exacerbée par la guerre russo-ukrainienne, a intensifié la pression inflationniste. Ce n’est qu’en 2023, lorsque le marché a anticipé la fin du cycle de hausse et la montée en puissance de l’investissement dans l’IA, que les marchés américains ont rebondi fortement, recouvrant toutes leurs pertes.
## Analyse des causes profondes des chutes boursières
En observant ces événements historiques, un schéma clair apparaît : **la collision entre la formation de bulles d’actifs et le changement de politique est souvent la cause inévitable d’un krach**.
L’effet de levier excessif et la valorisation déconnectée des fondamentaux sont des caractéristiques communes des bulles. Que ce soit la frénésie spéculative de 1929, l’illusion Internet de 2000 ou la fièvre immobilière de 2007, le marché poursuit des richesses illusoires. Lorsque la politique se resserre, que les données économiques se détériorent ou que les risques géopolitiques émergent, ces bulles éclatent.
Les chocs externes jouent également un rôle clé. Guerre commerciale, conflits, pandémie, crise énergétique — ces événements servent souvent de détonateurs. La politique tarifaire de Trump en 2025 illustre parfaitement cette dynamique.
## La réaction en chaîne des actifs mondiaux face à la chute des marchés américains
Lorsqu’un grand marché comme celui des États-Unis subit une correction majeure, un « mode refuge » s’enclenche généralement : les capitaux se déplacent vers des actifs plus sûrs.
**L’attraction des obligations comme refuge**
En période de chute boursière, les investisseurs achètent massivement des obligations américaines, notamment des obligations d’État à long terme. La forte demande fait monter leur prix, ce qui fait baisser leurs rendements. Historiquement, que ce soit lors d’un marché haussier ou d’un retournement en marché baissier, les rendements obligataires américains ont tendance à baisser d’environ 45 points de base dans les six mois qui suivent.
Cependant, si la chute est due à une inflation galopante (comme en 2022), la hausse des taux provoque une « double peine » pour actions et obligations. Ce n’est que lorsque le marché craint une transition de l’inflation vers la récession que la fonction de refuge des obligations reprend le dessus.
**L’appréciation du dollar comme mécanisme de sécurité**
Le dollar, monnaie refuge ultime, voit sa demande augmenter en période de panique. Les investisseurs vendent leurs actifs émergents pour acheter du dollar, et lors du désendettement, la demande de remboursement en dollar s’accroît, renforçant la devise.
**La valeur refuge de l’or**
L’or résiste souvent lors des chutes boursières, car il sert de couverture contre l’incertitude. Si la chute s’accompagne d’attentes de baisse des taux, l’or bénéficie d’un double effet positif (demande de sécurité + baisse des taux). En revanche, lors d’un début de hausse des taux, la rentabilité plus élevée limite l’attrait de l’or.
**La demande en matières premières en berne**
Une baisse des marchés indique souvent un ralentissement économique, ce qui réduit la demande en pétrole, cuivre et autres matières premières industrielles. Les prix ont tendance à suivre la même tendance que les marchés boursiers. Toutefois, si la chute est causée par un choc géopolitique (guerre dans un pays producteur), les prix du pétrole peuvent augmenter, créant une situation de « stagflation ».
**Les cryptomonnaies, un actif à haut risque**
Bien que certains y voient une « or numérique », leur comportement est plus proche des actions technologiques ou d’autres actifs à haut risque. Lors d’un krach, les investisseurs vendent souvent leurs cryptos pour renforcer leur cash ou compenser leurs pertes boursières, ce qui entraîne une chute simultanée des actifs numériques.
## Comment la volatilité du marché américain influence le marché taïwanais
Le marché taïwanais est fortement corrélé à celui des États-Unis, via trois principaux canaux.
**L’effet de contagion immédiat**
Le marché américain, en tant qu’indicateur mondial, provoque instantanément une panique globale en cas de chute. Lorsqu’un mouvement de précaution s’installe, les investisseurs vendent simultanément leurs actifs risqués, y compris le marché taïwanais, comme en mars 2020 lors de la pandémie, où la baisse a dépassé 20 %.
**L’impact direct des sorties de capitaux étrangers**
Les investisseurs étrangers jouent un rôle clé à Taïwan. Lors de fortes fluctuations américaines, ils peuvent retirer leurs investissements pour répondre à des besoins de liquidité ou réallouer leurs portefeuilles, exerçant une pression directe sur le marché taïwanais.
**La liaison avec l’économie réelle**
Les États-Unis étant le principal marché d’exportation de Taïwan, une récession américaine réduit directement la demande pour ses produits, notamment dans la technologie et la fabrication. La baisse des bénéfices anticipés se traduit par une chute des cours, comme lors de la crise financière de 2008. En 2022, la hausse des taux de la Fed a aussi provoqué une correction notable du marché taïwanais.
## Analyse des signaux d’alerte pour anticiper le changement de marché
Chaque grande chute du marché américain n’est pas imprévisible. Les investisseurs peuvent détecter des signaux clés pour anticiper le risque :
**Les indicateurs économiques**
PIB, emploi, indice de confiance des consommateurs, résultats des entreprises — ces données sont essentielles pour évaluer la santé économique. Leur dégradation précède souvent la baisse du marché, il faut suivre leur évolution régulièrement.
**Les changements de politique de la Fed**
Une hausse des taux augmente le coût du crédit, freinant consommation et investissement, ce qui pèse sur le marché ; une baisse a l’effet inverse. Les discours du président de la Fed, les minutes des réunions, les déclarations de politique monétaire sont des signaux cruciaux.
**Les risques géopolitiques**
Les conflits internationaux, événements politiques ou changements dans la politique commerciale peuvent déclencher des turbulences. La politique tarifaire de Trump en 2025 en est un exemple : une annonce soudaine peut changer instantanément les anticipations du marché.
**L’indicateur de sentiment des investisseurs**
La confiance et la panique des investisseurs influencent directement la tendance. L’indice de peur, le volume des transactions, le ratio de levier financier sont des indicateurs techniques utiles pour jauger l’état d’esprit du marché.
## Stratégies de protection pour les investisseurs particuliers
Face à la cyclicité du marché américain, il est essentiel d’adopter une gestion active des risques plutôt que d’attendre passivement.
**L’ajustement dynamique de l’allocation d’actifs**
En cas de correction majeure, il peut être judicieux de réduire la part des actions et d’augmenter la détention de liquidités ou d’obligations de qualité. Il ne s’agit pas de fuir le marché, mais de trouver un équilibre entre risque et opportunités.
**L’utilisation prudente des instruments dérivés**
Les investisseurs expérimentés peuvent envisager des options ou autres produits dérivés. La mise en place de stratégies comme la « protection par options de vente » permet de limiter la baisse potentielle de leur portefeuille tout en conservant une certaine flexibilité.
**Le suivi régulier et l’adaptabilité**
Il est conseillé d’établir une liste de surveillance, de suivre régulièrement les indicateurs économiques, politiques et sentimentaux. En cas de signaux d’alerte, ajuster sa stratégie à l’avance plutôt que d’attendre la crise.
L’histoire montre que la volatilité est la norme, pas l’exception. La clé réside dans la capacité de l’investisseur à percevoir les risques à temps, à garder son calme face aux fluctuations, et à travers une gestion scientifique de ses actifs, traverser chaque cycle de marché.