De nombreuses personnes commencent à s’inquiéter de la possibilité que l’économie thaïlandaise tombe dans une stagflation. En termes simples, cette situation correspond à une croissance économique ralentie, un taux de chômage élevé, mais des prix qui continuent d’augmenter — c’est un “phénomène contradictoire” en économie.
Qu’est-ce que la stagflation ? Pourquoi est-ce si effrayant ?
Stagflation est composée de deux mots : stagnation économique (Stagnation) et inflation (Inflation). Elle apparaît généralement lors d’un choc d’offre, par exemple lorsqu’une catastrophe naturelle entraîne une flambée des prix des biens.
En temps normal, une récession économique fait baisser les prix. Mais la stagflation brise cette règle — la croissance économique est faible, tandis que les prix augmentent. Cela se produit lors de périodes de pression accrue sur l’offre, comme une hausse des prix du pétrole, où les entreprises sont contraintes de répercuter ces coûts sur les consommateurs.
Leçon historique : leçon des années 1970
La stagflation est apparue pour la première fois aux États-Unis dans les années 1970. Les pays arabes, en réponse à la question d’Israël, ont imposé un embargo pétrolier contre l’Occident, provoquant une explosion des prix du pétrole à l’échelle mondiale. Le taux d’inflation américain a dépassé 10 %, et le taux de chômage frôlait les 10 %.
À quel point cette crise a-t-elle été grave ? Le président de la Réserve fédérale, Paul Volcker, a dû augmenter les taux d’intérêt jusqu’à 18 %, provoquant la récession la plus grave de l’histoire des États-Unis. Après un rebond temporaire, l’économie a de nouveau plongé — deux récessions en un an. Cette crise a même touché l’Amérique latine, entraînant une crise de la dette dans toute la région.
Entre 1973 et 1975, le PIB mondial a suivi une trajectoire en V typique :
1973 : chute de 10,3 % à -2,1 %
1974 : croissance négative continue à -3,7 %
Ce n’est qu’en 1975 qu’une reprise progressive a commencé
Mécanisme cyclique de la stagflation
La stagflation est un cercle vicieux. Lorsque le pouvoir d’achat des consommateurs diminue, les ventes des entreprises chutent, leurs profits diminuent, et elles commencent à licencier. La hausse du chômage signifie une baisse supplémentaire des revenus, ce qui réduit encore la consommation, ralentissant la croissance du PIB.
Parallèlement, les coûts de production (comme le pétrole, les matières premières) augmentent, obligeant les entreprises à augmenter leurs prix, alimentant ainsi l’inflation. C’est pourquoi la stagflation est si difficile à gérer — les politiques économiques traditionnelles échouent ici. Baisser les taux d’intérêt pourrait aggraver l’inflation, tandis que resserrer la politique monétaire pourrait aggraver la récession.
Pourquoi les pays à faible revenu sont-ils plus à risque ?
Pour les pays en développement, l’impact de la stagflation est encore plus dévastateur. Ces pays dépendent fortement des exportations pour soutenir leur économie, et lorsqu’une récession mondiale survient, ils en paient le prix en premier.
Pire encore, l’impact de la hausse des prix est disproportionné. Par exemple, un revenu mensuel de 3 000 bahts thaïlandais, avec un repas de riz à 60 bahts par jour, représente 20 % du revenu. En revanche, une personne gagnant 30 000 bahts par mois, même en mangeant la même chose, ne dépense que 2 % de ses revenus. Lorsque les prix des aliments augmentent, les pauvres sont contraints de réduire leurs dépenses.
Cela affecte non seulement la consommation à court terme, mais pose aussi des risques à long terme. Le gouvernement pourrait devoir subventionner les prix des aliments, ce qui réduit le budget consacré aux investissements pour le développement. Et si les gens ne peuvent pas se nourrir correctement, cela entraîne des problèmes de santé à long terme, qui freinent le capital humain et causent des dégâts économiques sur plusieurs décennies.
Quel est le risque actuel pour la Thaïlande ?
Analyse de trois indicateurs clés
1. Croissance du PIB
La Banque centrale thaïlandaise prévoit une croissance de 3,7 % pour 2023, principalement soutenue par :
La reprise robuste du secteur touristique (prévision d’accueillir 22 millions de touristes étrangers)
La relance de la consommation privée
L’amélioration de l’emploi et des salaires
Mais il faut rester vigilant face au ralentissement mondial qui pourrait impacter les exportations.
2. Taux de chômage
Le nombre de chômeurs est de seulement 490 000, avec un taux de 1,23 %, un niveau historiquement bas. Le nombre de chômeurs de longue durée continue de diminuer (de 180 000 à 100 000).
3. Inflation
En février, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 3,79 % en glissement annuel, en baisse de 0,12 % par rapport au mois précédent. La tendance clé est que cette hausse s’est ralentie deux mois consécutifs — passant de 5,02 % en janvier à 3,79 %.
Analyse globale
Sur la base de ces données, le risque que la Thaïlande entre en stagflation reste relativement faible :
L’économie montre une dynamique claire de croissance (tourisme, consommation)
La situation de l’emploi continue de s’améliorer
L’inflation, bien que présente, montre une tendance à la baisse
La Banque centrale thaïlandaise a également réaffirmé lors de sa réunion de politique monétaire fin mars que la dynamique de croissance économique est suffisante pour faire face à la pression inflationniste.
Mais des inquiétudes subsistent
Il faut surveiller de près certains facteurs de risque :
Renforcement du pouvoir de négociation des entreprises — pouvant faire grimper les prix
Possibilité d’un sommet dans la mondialisation — tendance à la hausse des coûts de production
Vieillissement démographique — accentuant la pression inflationniste
Risque de récession mondiale — la crise bancaire aux États-Unis et en Europe pourrait s’étendre
Ces facteurs structurels à long terme pourraient changer la donne dans les 3 à 5 prochaines années.
Comment faire face à la stagflation ?
Sur le plan politique
Le gouvernement et la banque centrale doivent agir de concert :
Augmenter la capacité de production — plus de production = prix plus bas + plus d’emplois
Anticiper plutôt que réagir — agir de manière proactive
Tirer des leçons de l’histoire — la passivité des États-Unis dans les années 1970 a causé des dégâts durables
Stratégie d’investissement personnelle
Si la stagflation se matérialise, certains actifs performeraient bien :
Or — historiquement excellent en période d’inflation élevée
Marchandises — dont les prix suivent l’inflation
Immobilier — actif tangible contre la dépréciation
Actions cycliques — profitant de la hausse des prix
L’or est particulièrement à surveiller. Lorsqu’une banque centrale augmente ses taux pour lutter contre l’inflation, davantage de capitaux se tournent vers l’or comme valeur refuge. Lorsqu’on craint une récession, l’or reste une valeur privilégiée.
L’essentiel est que ces investissements nécessitent une expertise. Il ne faut pas suivre aveuglément la mode, mais continuer à suivre attentivement les données macroéconomiques.
Conclusion
Pour l’instant, l’économie thaïlandaise est encore loin de la stagflation, l’inflation diminue doucement. Mais l’incertitude mondiale impose de rester vigilant.
Les bonnes pratiques sont :
Réévaluer son portefeuille, en intégrant des actifs anti-inflation
Surveiller de près la politique de la banque centrale et les données sur l’emploi
Ne pas attendre qu’une crise soit là pour agir
La stagflation, bien que peu probable à court terme, peut survenir de façon inattendue. Mieux vaut prévenir que guérir.
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La stagflation va-t-elle vraiment arriver ? Les véritables risques auxquels l'économie thaïlandaise est confrontée
De nombreuses personnes commencent à s’inquiéter de la possibilité que l’économie thaïlandaise tombe dans une stagflation. En termes simples, cette situation correspond à une croissance économique ralentie, un taux de chômage élevé, mais des prix qui continuent d’augmenter — c’est un “phénomène contradictoire” en économie.
Qu’est-ce que la stagflation ? Pourquoi est-ce si effrayant ?
Stagflation est composée de deux mots : stagnation économique (Stagnation) et inflation (Inflation). Elle apparaît généralement lors d’un choc d’offre, par exemple lorsqu’une catastrophe naturelle entraîne une flambée des prix des biens.
En temps normal, une récession économique fait baisser les prix. Mais la stagflation brise cette règle — la croissance économique est faible, tandis que les prix augmentent. Cela se produit lors de périodes de pression accrue sur l’offre, comme une hausse des prix du pétrole, où les entreprises sont contraintes de répercuter ces coûts sur les consommateurs.
Leçon historique : leçon des années 1970
La stagflation est apparue pour la première fois aux États-Unis dans les années 1970. Les pays arabes, en réponse à la question d’Israël, ont imposé un embargo pétrolier contre l’Occident, provoquant une explosion des prix du pétrole à l’échelle mondiale. Le taux d’inflation américain a dépassé 10 %, et le taux de chômage frôlait les 10 %.
À quel point cette crise a-t-elle été grave ? Le président de la Réserve fédérale, Paul Volcker, a dû augmenter les taux d’intérêt jusqu’à 18 %, provoquant la récession la plus grave de l’histoire des États-Unis. Après un rebond temporaire, l’économie a de nouveau plongé — deux récessions en un an. Cette crise a même touché l’Amérique latine, entraînant une crise de la dette dans toute la région.
Entre 1973 et 1975, le PIB mondial a suivi une trajectoire en V typique :
Mécanisme cyclique de la stagflation
La stagflation est un cercle vicieux. Lorsque le pouvoir d’achat des consommateurs diminue, les ventes des entreprises chutent, leurs profits diminuent, et elles commencent à licencier. La hausse du chômage signifie une baisse supplémentaire des revenus, ce qui réduit encore la consommation, ralentissant la croissance du PIB.
Parallèlement, les coûts de production (comme le pétrole, les matières premières) augmentent, obligeant les entreprises à augmenter leurs prix, alimentant ainsi l’inflation. C’est pourquoi la stagflation est si difficile à gérer — les politiques économiques traditionnelles échouent ici. Baisser les taux d’intérêt pourrait aggraver l’inflation, tandis que resserrer la politique monétaire pourrait aggraver la récession.
Pourquoi les pays à faible revenu sont-ils plus à risque ?
Pour les pays en développement, l’impact de la stagflation est encore plus dévastateur. Ces pays dépendent fortement des exportations pour soutenir leur économie, et lorsqu’une récession mondiale survient, ils en paient le prix en premier.
Pire encore, l’impact de la hausse des prix est disproportionné. Par exemple, un revenu mensuel de 3 000 bahts thaïlandais, avec un repas de riz à 60 bahts par jour, représente 20 % du revenu. En revanche, une personne gagnant 30 000 bahts par mois, même en mangeant la même chose, ne dépense que 2 % de ses revenus. Lorsque les prix des aliments augmentent, les pauvres sont contraints de réduire leurs dépenses.
Cela affecte non seulement la consommation à court terme, mais pose aussi des risques à long terme. Le gouvernement pourrait devoir subventionner les prix des aliments, ce qui réduit le budget consacré aux investissements pour le développement. Et si les gens ne peuvent pas se nourrir correctement, cela entraîne des problèmes de santé à long terme, qui freinent le capital humain et causent des dégâts économiques sur plusieurs décennies.
Quel est le risque actuel pour la Thaïlande ?
Analyse de trois indicateurs clés
1. Croissance du PIB
La Banque centrale thaïlandaise prévoit une croissance de 3,7 % pour 2023, principalement soutenue par :
Mais il faut rester vigilant face au ralentissement mondial qui pourrait impacter les exportations.
2. Taux de chômage
Le nombre de chômeurs est de seulement 490 000, avec un taux de 1,23 %, un niveau historiquement bas. Le nombre de chômeurs de longue durée continue de diminuer (de 180 000 à 100 000).
3. Inflation
En février, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 3,79 % en glissement annuel, en baisse de 0,12 % par rapport au mois précédent. La tendance clé est que cette hausse s’est ralentie deux mois consécutifs — passant de 5,02 % en janvier à 3,79 %.
Analyse globale
Sur la base de ces données, le risque que la Thaïlande entre en stagflation reste relativement faible :
La Banque centrale thaïlandaise a également réaffirmé lors de sa réunion de politique monétaire fin mars que la dynamique de croissance économique est suffisante pour faire face à la pression inflationniste.
Mais des inquiétudes subsistent
Il faut surveiller de près certains facteurs de risque :
Ces facteurs structurels à long terme pourraient changer la donne dans les 3 à 5 prochaines années.
Comment faire face à la stagflation ?
Sur le plan politique
Le gouvernement et la banque centrale doivent agir de concert :
Stratégie d’investissement personnelle
Si la stagflation se matérialise, certains actifs performeraient bien :
L’or est particulièrement à surveiller. Lorsqu’une banque centrale augmente ses taux pour lutter contre l’inflation, davantage de capitaux se tournent vers l’or comme valeur refuge. Lorsqu’on craint une récession, l’or reste une valeur privilégiée.
L’essentiel est que ces investissements nécessitent une expertise. Il ne faut pas suivre aveuglément la mode, mais continuer à suivre attentivement les données macroéconomiques.
Conclusion
Pour l’instant, l’économie thaïlandaise est encore loin de la stagflation, l’inflation diminue doucement. Mais l’incertitude mondiale impose de rester vigilant.
Les bonnes pratiques sont :
La stagflation, bien que peu probable à court terme, peut survenir de façon inattendue. Mieux vaut prévenir que guérir.