Le cas solide pour la prudence : pourquoi la dynamique du marché de fin d'année pourrait induire en erreur les investisseurs de 2026

Ce que la rallye de décembre nous dit réellement (Et ne dit pas)

Les marchés ont montré un schéma particulier au cours du siècle dernier : durant la dernière semaine de décembre et les premiers jours de janvier, les actions ont tendance à enregistrer des gains supérieurs à la moyenne environ 80 % du temps, avec un rendement moyen d’environ 1,3 %. Ce phénomène saisonnier est devenu une sorte de prophétie auto-réalisatrice à Wall Street.

Mais voici ce qui est souvent oublié dans les commentaires—ce rallye est moins un indicateur de prospérité qu’un signal que les conditions sont « normales ». Selon Ryan Detrick, stratège en chef du marché chez LPL Financial, la véritable insight réside dans le moment où ce schéma se brise. Dans les six cas depuis le milieu du 20e siècle où l’élan de fin d’année n’a pas eu lieu, cinq de ces années suivantes ont enregistré soit des pertes, soit une performance inférieure à la moyenne. Le mois de janvier suivant est devenu négatif dans cinq cas sur six.

Donc oui, si le rebond de décembre apparaît—comme ce fut le cas la veille de Noël 2024—les investisseurs peuvent respirer un peu plus facilement. Mais c’est un faux sentiment de sécurité.

La leçon de 2022 : pourquoi les schémas saisonniers ne surpassent pas les fondamentaux

Considérons ce qui s’est passé en 2022. Le S&P 500 a connu une fin d’année 2021 forte. Les marchés semblaient solides en entrant dans la nouvelle année. Pourtant, l’indice a chuté de 19,4 % au cours de 2022, tandis que le Nasdaq a subi une baisse encore plus forte de 33,1 %.

Ce marché baissier n’était pas une anomalie—c’était le résultat d’un stress économique sous-jacent : inflation galopante et une Réserve fédérale déterminée à augmenter les taux. Le rallye saisonnier s’est avéré sans effet face à ces courants macroéconomiques puissants.

C’est la leçon cruciale : une forte volonté des marchés de finir l’année en beauté ne garantit pas que l’élan se poursuivra dans l’année civile suivante. La saisonnalité est un mauvais substitut à l’analyse fondamentale.

La sonnette d’alarme sur la valorisation pour 2026

Le vrai défi pour les marchés en 2026 réside dans les extrêmes de valorisation. Le S&P 500 est actuellement évalué à environ 30 fois les bénéfices trailing—près de 50 % au-dessus de la moyenne historique à long terme d’environ 20 fois. C’est excessif selon les standards historiques.

Les optimistes technologiques soutiennent que la base plus élevée du marché moderne est justifiée. Au cours des deux dernières décennies, avec la domination de la technologie, les multiples P/E moyens ont tourné autour de la mi-20. Ils argumentent aussi que les gains de productivité alimentés par l’IA devraient entraîner une expansion significative des bénéfices, justifiant des valorisations premium aujourd’hui.

Mais le scénario pessimiste a tout autant de poids. Si le coût du capital augmente soudainement—que ce soit par la hausse des taux d’intérêt ou par des surprises inflationnistes—l’économie des infrastructures d’IA pourrait se détériorer rapidement. Les centres de données et les installations de fabrication de semi-conducteurs sont extrêmement coûteux. Une hausse soutenue des coûts de financement pourrait obliger les entreprises à retarder leurs expansions, nuisant aux narratifs de croissance qui justifient actuellement ces multiples élevés. Pour les actions technologiques très endettées et à multiples élevés, cela pourrait déclencher la prochaine correction.

La période de novembre 2020, lorsque les valorisations ont brièvement atteint 36 fois les bénéfices, offre une leçon d’avertissement. Les marchés ne restent pas indéfiniment aussi tendus.

Trois vents contraires qui pourraient tester la patience des investisseurs en 2026

Premièrement, 2026 est une année d’élections de mi-mandat. En 2018 et 2022, également années de mi-mandat, le marché a connu des tensions et des baisses notables. Ce n’est pas une coïncidence—l’incertitude politique pèse généralement sur le sentiment.

Deuxièmement, la transition à la tête de la Réserve fédérale pourrait introduire de la volatilité autour des attentes d’inflation et des prévisions de taux d’intérêt. Les marchés baissiers de 2018 et 2022 ont tous deux été déclenchés par des préoccupations inflationnistes et la hausse des taux. Si la nouvelle orientation de la Fed indique une politique monétaire plus restrictive, ou si l’inflation repart à la hausse, les marchés auront du mal.

Troisièmement, le problème de l’intensité capitalistique de l’IA ne peut être ignoré. Si le coût du capital d’une entreprise augmente de façon inattendue, les grands plans d’expansion des infrastructures de calcul pourraient être mis en pause. Une croissance plus lente dans un environnement à multiples élevés tend à être punitive. La surveillance de l’inflation doit être au cœur de toute thèse d’investissement pour 2026.

La bonne approche : ignorer le calendrier, suivre les fondamentaux

Que le momentum de fin d’année persiste ou non, les investisseurs doivent baser leur stratégie pour 2026 sur des métriques tangibles : trajectoires des bénéfices, multiples de valorisation par rapport aux attentes de croissance, et l’évolution de l’inflation et des taux d’intérêt réels. Ces facteurs sont notoirement difficiles à prévoir avec précision, c’est précisément pourquoi poursuivre des rallyes saisonniers ou des signaux à court terme est une stratégie perdante.

La construction de richesse à long terme la plus solide provient d’un investissement cohérent et discipliné dans des entreprises de qualité, maintenu à travers les marchés haussiers et baissiers. Des contributions régulières aux positions en actions dans des sociétés bien gérées, détenues sur plusieurs cycles de marché, surpassent historiquement le trading tactique basé sur des anomalies calendaires de fin d’année.

Un rallye de décembre, même fort, ne doit pas faire dévier cette discipline. Et l’absence de rallye ne doit certainement pas provoquer la panique. Ce qui compte, c’est si les fondamentaux de 2026—croissance des bénéfices, coûts du capital et dynamique de l’inflation—peuvent soutenir les prix actuels du marché. Ce sont ces métriques qu’il faut surveiller, pas le comportement des indices durant la dernière semaine de l’année.

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