
Le Canada a introduit une législation pour interdire les dons en cryptomonnaie aux entités politiques fédérales, suite à des actions réglementaires similaires au Royaume-Uni et en fermant un canal de financement qui a été peu utilisé depuis qu’il a été autorisé en 2019.
Le projet de loi C-25, connu sous le nom de Loi sur des élections fortes et libres, a été présenté le 26 mars et est actuellement en première lecture à la Chambre des communes, visant à interdire les contributions faites en Bitcoin, autres cryptoactifs, mandats et cartes prépayées en raison de préoccupations relatives à la traçabilité et aux risques pour l’intégrité électorale.
La législation proposée étend l’interdiction à l’ensemble de l’écosystème politique fédéral, interdisant explicitement aux partis enregistrés, associations de circonscription, candidats, concurrents à la direction et tiers impliqués dans la publicité électorale d’accepter des contributions sous forme d’actifs numériques. Le projet de loi impose un délai de 30 jours aux agents politiques pour retourner les contributions interdites au donateur ou, si le retour n’est pas possible, pour liquider les actifs en monnaie fiduciaire et remettre les produits au Receveur général. Les pénalités pour non-conformité sont structurées pour inclure des amendes allant jusqu’à deux fois la valeur de la contribution en infraction, les entreprises faisant face à une pénalité automatique supplémentaire de 100 000 $.
Le mouvement du Canada fait suite à une évolution significative de la position du Chief Electoral Officer, qui avait initialement soutenu des réglementations plus strictes pour les contributions en crypto en 2022 dans un rapport post-électoral, mais a changé pour recommander une interdiction totale en novembre 2024. Cette recommandation était basée sur la pseudo-anonymat des transactions en cryptomonnaie et la difficulté fondamentale de vérifier les identités des contributeurs. Bien que le Canada ait permis les dons en crypto depuis 2019 dans un cadre les classant comme des biens non monétaires, aucun grand parti fédéral n’a publiquement rapporté avoir accepté de telles contributions lors des récents cycles électoraux, et le cadre de 2019 excluait les pièces de confidentialité et refusait les reçus fiscaux pour les donateurs.
Le projet de loi canadien reflète un récent changement de politique au Royaume-Uni, où les autorités ont imposé un moratoire immédiat sur les dons en crypto aux partis politiques en raison de préoccupations concernant l’influence de l’argent étranger. Cette trajectoire réglementaire contraste fortement avec celle des États-Unis, où les dons en cryptomonnaie aux campagnes sont autorisés depuis 2014 sous l’orientation de la Federal Election Commission. Aux États-Unis, l’industrie de la cryptomonnaie est devenue une force politique importante, avec des entités déployant des ressources substantielles pour influencer les élections par le biais de contributions directes et de dépenses indépendantes.
L’interdiction est motivée par des préoccupations du Chief Electoral Officer du Canada concernant l’intégrité électorale. Les principaux enjeux sont le pseudo-anonymat des transactions en cryptomonnaie, qui pose des défis en matière de transparence, et la difficulté inhérente à vérifier l’identité et l’origine des contributeurs, ce qui pourrait permettre une ingérence étrangère introuvable.
Les pénalités sont administratives et sévères. Les individus ou entités qui acceptent sciemment des contributions interdites encourent des amendes pouvant aller jusqu’à deux fois la valeur de la contribution. Les entreprises impliquées dans de telles violations font face à une pénalité automatique supplémentaire de 100 000 $ en plus de l’amende de double valeur. Les agents politiques sont également légalement tenus de retourner, détruire ou liquider toute contribution de ce type dans les 30 jours.
Le projet de loi C-25 du Canada s’aligne sur une récente interdiction au Royaume-Uni, où les dons en cryptomonnaie aux partis politiques ont été suspendus. Cette approche représente une divergence directe de la politique des États-Unis, où les dons en crypto aux campagnes sont légaux et sont devenus un facteur majeur dans le financement politique, avec des groupes industriels utilisant activement des actifs numériques pour financer des activités liées aux élections.